Édito : La révolution de la douane

Il fut un temps où l’administration de la douane était taxée de tous les maux. Aujourd’hui elle est créditée de toutes les vertus pour avoir opéré une révolution dans les esprits, dans les textes et dans le mode de fonctionnement en l’espace de quelques années. Un pari réussi qui la met aujourd’hui sur le piédestal comme une administration modernisée.
Un précurseur dans la mise à niveau de ses structures. À tel point que tous les opérateurs économiques louent cette formidable transformation entamée après la fameuse campagne d’assainissement de 1995. Les transitaires ne cessent de se féliciter de la simplification des procédures de dédouanement réduites aujourd’hui à moins d’une heure. Avant, il fallait une semaine pour dédouaner une marchandise avec toutes les tracasseries et autres entraves de billets bancaires…
Tout le monde s’accorde à dire que l’homme qui a redoré le blason de cette administration reste incontestablement son actuel directeur, et ministre du reste, Abderrazak El Mossadeq. Il est certain qu’il s’est entouré de collaborateurs compétents pour mener, avec lui, à bien cette délicate mission. Mais la révolution de la douane n’est pas encore terminée car la mondialisation l’oblige à une remise à niveau permanente au moins jusqu’à l’an 2012. Une date butoir qui consacre la mise en application d’un total démantèlement tarifaire décidé par les accords de l’OMC et surtout par le premier partenaire du Maroc, l’Union européenne.
Il ne faut pas se leurrer, cette levée des barrières douanières n’est pas une simple question d’exonération fiscale en termes de droits de douane. C’est une échéance qui sous-tend beaucoup de réformes économiques, financières et fiscales à tous les niveaux des structures de l’Etat et du secteur privé.
Ce faisant, le rôle de l’administration de la douane ne sera pas pour autant réduit, bien au contraire, il doit être renforcé. Ne serait-ce que parce que le démantèlement douanier nécessite une nouvelle restructuration de cette administration en fonction de cette nouvelle donne économique.
Encore faut-il préciser que la douane conservera sa fonction principale de contrôle des frontières que ce soit en matière de marchandises ou de produits prohibés par la législation. En ces temps où le crime organisé s’est mondialisé et où le terrorisme frappe dans tous les coins du monde, la mission de la douane est plus que jamais importante.
Le trafic d’armes, de la drogue, des produits chimiques et bactériologiques, voire d’armes de destruction massive, est devenu si répandu que la douane se retrouve en première ligne sur le front de la sécurité. Si l’administration de la douane jouera toujours son rôle économique, il est clair qu’elle sera encore plus sollicitée pour des missions de sécurité nationale.
Ceci étant le démantèlement douanier suppose une réduction substantielle de l’assiette fiscale par l’exonération des droits de douane. L’Etat devrait penser à combler ce manque fiscal à gagner par la création d’entreprise mais aussi par la diversification des activités de la douane.

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