Éditorial : Affaire étrange

Éditorial : Affaire étrange

Les deux employés de l’ambassade marocaine à Bagdad portés disparus en Irak ont été victimes d’un enlèvement. ALM a reçu par courriel, dans la matinée du mardi 1er novembre, un communiqué attribué à Al Qaïda revendiquant ce rapt accompagné de photocopies des pages de garde des passeports des intéressés. En fait, il s’agit d’un message de confirmation de ce qui a été déjà annoncé il y a presque une semaine par un premier communiqué émanant selon toute vraisemblance de la branche irakienne d’Al Qaïda de Abou Mosaâb Al Zarkaoui mais les ravisseurs n’ont pas fait encore de revendication précise.
Cela fait maintenant douze jours que Abderrahim Boualem et Abdelkarim El Mouhafidi n’ont plus donné signe de vie alors qu’ils revenaient par route d’un voyage à Amman. Depuis, personne ne sait ce qui est advenu d’eux, s’ils sont morts ou vivants. C’est la confusion qui règne en maîtresse. Aucune réaction officielle d’un responsable du ministère des Affaires étrangères pour expliquer les tenants et aboutissants de cette histoire obscure. Il est vrai que l’opinion publique nationale a du mal à comprendre pourquoi le Maroc serait victime d’un enlèvement de ses ressortissants alors qu’il entretient de bonnes relations avec le peuple irakien. En fait, rien n’est venu clarifier une situation très floue d’autant plus que les autorités marocaines ont mis jusqu’ici en doute la thèse de l’enlèvement comme si elles ne voulaient pas regarder le problème en face. Alors de quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qui est arrivé à M.M Boualem et El Mouhafidi ?   Là encore, pas d’explication. Tout juste une source anonyme de ce département qui nous gratifie via la MAP d’un communiqué attestant que  “le Royaume est toujours sans nouvelles de ces deux ressortissants depuis l’après-midi du jeudi 20 octobre“. Tout se passe comme si on ne voulait pas se mettre en avant. La première chaîne de télévision a bien réagi en allant à la rencontre des membres de la famille des deux compatriotes à Rabat et à Salé qui ont appelé les ravisseurs à relâcher les leurs.  Mais aucun membre du gouvernement concerné par cette affaire n’a fait le déplacement ne serait-ce que pour les rassurer à défaut de pouvoir les tenir informés de la situation de leurs proches.
Il a fallu attendre plusieurs jours pour qu’on sache par la même MAP  qu’une délégation de diplomates marocains a été dépêchée dans la capitale jordanienne en vue de s’enquérir du sort des deux hommes et entreprendre les démarches nécessaires pour les libérer. Or, la délégation en question n’a pas donné de ses nouvelles depuis son arrivée à destination il y a une semaine environ. On attend toujours le deuxième communiqué officiel qui va nous rassurer sur son sort. Le black-out est évident. On se prend à espérer qu’il correspond à une stratégie discrète de recherche des deux disparus pour ne pas compromettre les efforts de la mission. En tout cas, on est très loin de la démarche française. La France qui a remué ciel et terre et rameuté tous les médias pour obtenir la libération de ses journalistes enlevés récemment en Irak. Une formidable mobilisation des officiels hexagonaux vécue au jour le jour dans la transparence jusqu’à la délivrance.

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