Éditorial : Approche sociale

Le manifeste du comité des jeunes dirigeants d’entreprises marocaines (CDJ) se distingue par rapport à ceux de la CGEM dans le fond et dans la forme. Contrairement au mémorandum du patronat, celui du CJD est adressé à tous les opérateurs y compris le gouvernement avec, comme bonus, une prédominance sociétale.
Cette jeune association dont les membres agissent dans des secteurs vitaux comme la nouvelle technologie et l’exportation, se définit comme une force de proposition en dehors du circuit habituel. L’initiative est louable dans la mesure où elle enrichit le débat sur les conditions d’un décollage économique tant souhaité. D’autant plus qu’elle émane d’une nouvelle génération de dirigeants d’entreprises, imbue d’une culture manageriale moderne et tournée vers l’avenir.
La force d’une nation se mesure avec l’esprit d’initiative de sa jeunesse, que ce soit dans le domaine social, politique ou économique. D’ailleurs, l’esprit de ce mémorandum définit ces trois secteurs comme étant interdépendants dans tout plan de développement intégré. L’entreprise étant considérée par le CJD comme le point d’intersection incontournable de toutes les composantes de la société. Non seulement elle est créatrice de richesses, mais elle doit irrémédiablement contribuer à la performance sociale et sociétale de ses salariés. C’est pour cela que les jeunes entrepreneurs appellent à la réconciliation de l’entreprise avec le politique en ouvrant le dialogue et avec le gouvernement et avec les partenaires sociaux.
L’approche étant tout simplement axée sur les moyens à mettre à la disposition de l’entreprise pour qu’elle puisse revaloriser les conditions salariales et sociales de l’employé. L’objectif étant de puiser dans les ressources de certaines exonérations fiscales pour redistribuer ces plus-values aux employés par l’augmentation substantielle du SMIG et le financement d’un filet social en cas de perte d’emploi. Ce projet social et économique est ambitieux, mais il est basé sur des données réalisables pour autant que l’Etat consente à en appliquer les données fondamentales. Ce qui distingue ce manifeste de ses précédents, c’est qu’il table beaucoup sur les ressources humaines comme un moyen de développement économique primordial.
De ce fait, dans les 15 mesures proposées, il est question de formation continue et de reclassement à travers des plans sociaux et de développement des compétences, en adéquation avec le marché de l’emploi. Ce souci social des jeunes entrepreneurs est tellement vivace et réel qu’il englobe le recrutement obligatoire des personnes handicapées contre une incitation fiscale. Une vision globale qui donne à l’entreprise une mission plus large et plus ancrée dans son environnement. Certes, le profit reste le principal objectif de toute entreprise, mais dans cette optique il est aussi un générateur de richesse pour le pays et surtout pour les salariés. Ce qui représente une approche nouvelle que corrobore les CDJ de par le monde depuis des décennies.

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