Éditorial : Atout géographique

Éditorial : Atout géographique

La Chine est venue jusqu’à nous avec la visite de trois jours de son président. Après les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, Hu Jintao a réservé son déplacement au Maroc. Ce n’est pas un hasard. Tout un symbole. C’est que le Royaume compte beaucoup pour Pékin dans son désir impérieux de conquête du monde et notamment des marchés européens dont le Maroc est très proche.
Dans la stratégie chinoise, Rabat est en effet une plate-forme idéale qui permettra aux Chinois de partir à l’assaut du Vieux Continent après avoir réduit surtout les délais de livraison de leurs produits qui sont, actuellement, relativement longs en étant exportés à partir de leurs lieux de fabrication en Chine. Le temps pour les Chinois c’est de l’argent, beaucoup d’argent.
Aux Marocains, gouvernement et investisseurs, d’exploiter comme il se doit la position stratégique de leur pays. Nous avons un atout, vendons le bien. Cela suppose, bien entendu, une politique chinoise du Maroc aux contours bien définis qui ne laisse aucune place à l’improvisation, à la frilosité ou aux tâtonnements. C’est à l’aune de ce grand défi qu’il convient d’appréhender le déplacement au Maroc du chef de l’État de cette puissance mondiale. Dans ce sens, les deux parties, en conjuguant leurs efforts, ont les moyens de promouvoir un vrai partenariat mutuellement profitable. Et ce n’est pas avec le commerce des Chinois de Derb Omar à Casablanca, qui du reste tue la petite industrie marocaine du fait de nombre de pratiques plus ou moins légales, que les objectifs escomptés seront atteints. Il faut réfléchir à la mise en place de joint-ventures dans les secteurs qui comptent autant pour l’un comme l’autre partenaire tels que le textile et habillement et d’autres activités à haute valeur ajoutée. Pourquoi pas des usines mixtes au Maroc avec un mélange de main-d’œuvre chinoise et marocaine dans un pourcentage à définir d’un commun accord ? Dans ces conditions, la filière textile nationale dont les gros bonnets pourtant bien repus n’arrêtent pas de râler et de revendiquer des avantages sur fond de chantage à l’emploi, peut connaître un nouveau et puissant souffle.       
La Chine fait peur particulièrement aux Etats-Unis et à l’Europe. Cela se conçoit parfaitement. Mais le Maroc, à tout point de vue, ne doit pas être dans cet état d’esprit car il n’a nullement les moyens d’être un adversaire économique de la Chine. Bien au contraire, il peut être un bon allié pour Pékin pour peu que les deux pays s’entendent sur un programme précis en matière d’investissements productifs à réaliser ou à délocaliser au Maroc. 
Dans un monde de plus en plus mondialisé où les barrières douanières sautent à grande vitesse, le Royaume, dont le taux de croissance reste assez faible pour créer la prospérité souhaitée et les postes d’emplois nécessaires, a obligation de diversifier davantage ses échanges et de traquer les opportunités là où elles se trouvent. 

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