Éditorial : Aznar et le voleur du désert

En recevant récemment de manière ostentatoire à Madrid le chef du Polisario dans le cadre de la stratégie des séparatistes (voir ALM n° 942), José Maria Aznar montre qu’il ne s’est pas défait de ses réflexes anti-marocains. Une obsession. Ce faisant, l’ex-président du gouvernement espagnol, qui ne s’est jamais affiché avec les dirigeants polisariens du temps où il était aux affaires, adopte visiblement une politique d’escalade et de surenchère. Ce qui confirme son implication personnelle dans le soutien des mercenaires inféodés au pouvoir à Alger. Plus grave, Mohamed Abdelaziz, ainsi reçu en grande pompe en chef d’État alors qu’il n’est pas en état de commander quoi que ce soit, se permet une ingérence grave dans les affaires internes de l’Espagne en demandant au gouvernement espagnol de “condamner“ de manière vigoureuse le refoulement par les autorités marocaines des délégations espagnoles voulant se rendre à Laâyoune. Tout se passe comme si le patron des mercenaires avait le droit de dicter à Madrid la conduite à suivre vis-à-vis de son voisin du sud !
En fait, M. Aznar poursuit ainsi un double objectif inavoué : gêner le gouvernement de José Luis Zapatero dont il n’a visiblement pas digéré la victoire aux dernières élections législatives et provoquer de nouveau le Royaume qu’il n’a jamais porté dans son cœur. Un Royaume envers lequel, lorsqu’il était au pouvoir, il s’est distingué par une attitude pour le moins hostile avec comme point d’orgue l’invasion de l’îlot marocain de Leïla par l’armée espagnole dans une mise en scène spectaculaire. Les deux pays avaient frôlé la guerre.
En acceptant l’invitation de Abdelaziz de se déplacer dans les camps de Tindouf, l’ex-patron du Parti Populaire (PP) veut moins marquer son soutien au front des mercenaires du désert que provoquer le Maroc sur le dossier de son intégrité territoriale. Gesticulations désespérées d’un personnage qui a décidé à son tour d’instrumentaliser l’affaire du Sahara marocain à des fins strictement personnelles. En cela, il s’aligne sur la position de l’Algérie des pétrodollars qui continue à manipuler comme une marionnette la bande à Abdelaziz. À cette dernière, Abdelaziz Bouteflika et ses amis ont vraisemblablement insufflé l’idée de créer un Parlement à Tifariti à une centaine de kilomètres au-delà du Mur de sécurité. Pour le moment, on assiste dans ce no man’s land à un transfert de populations sahraouies. Ces manœuvres sont illégales car la zone en question doit rester déserte selon les accords de Houston signés entre le Maroc et le Polisario. Elles visent à mettre le Maroc devant une situation pour le moins embarrassante et faire franchir aux mercenaires une étape supplémentaire dans leur revendication chimérique. L’ONU ne doit pas laisser faire, elle a obligation de réagir et de faire respecter la légalité internationale.

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