Éditorial : Blanchiment

Éditorial : Blanchiment

L’information a vite circulé dans le milieu des affaires provoquant la panique chez les grands « épargnants ». Selon des informations persistantes, une nouvelle mesure concernant les dépôts particuliers auprès des banques aurait été finalisée par Bank Al Maghrib et déposée auprès des instances compétentes du gouvernement.
Il s’agit d’une circulaire que la banque centrale marocaine s’apprête à envoyer aux établissements bancaires les invitant à exiger de leurs clients la justification de l’origine de leurs dépôts si ces derniers dépassent le montant d’un million de Dhs. Par cette mesure, Bank Al Maghrib veut lutter contre le blanchiment d’argent et les fonds qui servent à financer les réseaux terroristes à l’échelle internationale via des comptes bancaires marocains. L’objectif étant de détecter l’argent d’origine douteuse et d’éviter ainsi son blanchiment.
Ainsi, les fonds générés par le trafic de drogue ou tout autre activité délictuelle ne devraient plus passer inaperçus. Tout établissement bancaire est censé alerter Bank Al Maghrib sur toute opération douteuse ou dépôt d’origine injustifiée. Par ce nouveau règlement, le Maroc entend s’aligner sur la politique adoptée par les pays qui luttent contre le terrorisme et principalement les Etats-Unis. C’est ce qui explique d’ailleurs les rumeurs affirmant que c’est le gouvernement américain qui aurait demandé à son homologue marocain d’adopter cette nouvelle réglementation. En tout cas, ce qui est certain est que la mesure ne fait pas l’unanimité dans les milieux financiers. Car, si à première vue, l’idée d’instaurer un système de contrôle de la provenance de toute somme d’un certain motant déposée aux banques paraît excellente étant donné qu’elle pourrait assainir le système bancaire et réduire les activités criminelles, elle n’est pas sans risque pour l’économie nationale. Elle pourrait encourager davantage la fuite des capitaux vers l’étranger. Il est à signaler qu’il s’agit là d’une pratique qui s’est dernièrement développée et qui risque de s’aggraver avec l’entrée en vigueur du nouveau règlement.
D’ailleurs, avant même sa mise en application, la panique s’installe déjà dans le milieu des hommes d’affaires où certains sont allés jusqu’à prétendre que les autorités préparent une « nouvelle campagne d’assainissement » à l’instar de ce qui s’est passé en 1996. Une rumeur infondée et qui n’a rien à voir avec l’objectif réel du nouveau règlement.
Ainsi, comme chaque rumeur se développe grâce à l’absence de l’information, il serait opportun pour les autorités compétentes de communiquer sur les objectifs de ce nouveau projet de loi afin d’éviter d’entretenir une inquiétude de mauvais aloi dans les milieux financiers, ce qui pourrait avoir de graves répercussions sur l’économie nationale.

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