Éditorial : Bush défie le monde

Le ridicule ne tue pas. Bush est toujours vivant bien qu’il ait déclaré la guerre au monde entier avec la bénédiction d’une poignée d’alliés inconditionnels, par ailleurs, fortement contestés par leurs peuples, voire leurs partis. Jamais dirigeant n’avait autant défié la planète entière, si l’on exclut la folie hitlérienne, comme le fait aujourd’hui le président américain. Le texan s’est même, de la façon la plus outrageuse, passé de la couverture diplomatique du conseil de sécurité pour annoncer sa guerre, à lui, contre l’Irak. L’ultimatum qu’il a donné au président irakien Saddam Hussein pour qu’il quitte le pays dans 48 heures s’il veut éviter l’invasion, le ridiculise encore davantage. Bush abat ses cartes en démontrant qu’il veut changer le régime et que le désarmement n’était qu’un leurre pour justifier sa guerre. Pour preuve, quand les chefs d’inspection ont rendu au Conseil de sécurité un rapport qui prouve la coopération de Baghdad, il a essayé de faire approuver une résolution l’autorisant à déclarer la guerre. Mais aussi bien Bush que ses collaborateurs, notamment Colin Powell, ont sous-estimé les réactions des membres du Conseil de sécurité y compris celles des petits pays.
Les dirigeants de la première puissance du monde croyaient que les pressions de toutes sortes et les tentations d’aide financière vont plier l’échine aux récalcitrants. Ce fut peine perdue, puisque le front de la légalité internationale, bien emmené par la France, a fini par obliger les États-Unis à retirer son projet de résolution belliciste.  Un camouflet de taille pour une puissance qui croit que tout le monde doit se mettre à genoux. La seule perspective pour ne pas subir les foudres de guerre politique, économique et militaire. Mais en passant outre la légalité internationale, l’administration Bush a complètement fissuré l’édifice de l’ONU qui risque de ne plus se remettre de cette logique de la force contre le droit.  Il est vrai que les États-Unis disposent d’une puissance militaire sans égale qui leur permet d’envahir n’importe quel pays sans qu’une autre armée ne vienne à la rescousse de pays agressé. Mais il est vrai aussi qu’ils encourent le risque de s’enfoncer dans un bourbier de guerre des tranchées comme les Américains l’ont subi au Vietnam.
Le syndrome vietnamien a fait beaucoup de victimes chez les soldats américains pour qu’il reste encore présent dans les esprits. Maintenant que tout le monde sait que la croisade américaine vise beaucoup plus le pétrole de la région que la démocratisation des régimes en place, personne n’ignore qu’une guerre se paie très cher. Le président américain ignore-t-il qu’il met le monde entier en danger et qu’il donne une justification valable à tout acte terroriste en s’en prenant à un pays musulman ? Rien n’est moins sûr sauf si tous les collaborateurs de la Maison Blanche voient tout en  noir dans un monde déjà atomisé par une multitude de conflits, de la misère et d’une mondialisation aveugle. Le président américain est en train de mondialiser la guerre oubliant qu’il fait courir des risques considérables à son pays, à ses alliés et à toute la population de la planète.

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