Éditorial : Cafouillage parlementaire

Les élus, toutes catégories confondues, ne cesseront jamais de nous étonner par leur conception erronée de la fonction de député, de conseiller ou d’élu local. Pour la plupart d’entre eux, le fait d’occuper un siège constitue une fin en soi de leur ambition politique très personnalisée. La notion de représentant du peuple est souvent remise aux calendres grecques, dés l’annonce des résultats de l’élection. L’essentiel pour les élus de la nation est de vaquer à leur occupation personnelle tout en fructifiant leur capital relationnel dans la sphère politique. La base, qui les a élus, n’a plus droit de cité puisqu’elle est généralement trahie par la transhumance où les alliances contre nature. La mascarade des dernières élections communales est encore vivace dans les esprits pour que les citoyens qui boudent le politique puissent leur attribuer encore le moindre crédit. Pis encore, leur cote risque encore d’être débitée davantage jusqu’à atteindre le plafond du découvert avec cette histoire rocambolesque de l’augmentation des salaires des députés. Non seulement cette prime à la médiocrité pour absentéisme et autres abus est insensée, mais, elle est d’autant plus blessante qu’elle arrive dans une période de crise économique aiguë où la création d’emplois est au plus bas, y compris par l’Etat. Si ce n’est du mépris envers cette masse considérable de chômeurs, diplômés ou pas, c’est carrément une inconscience totale envers la réalité amère de la société que les élus sont censés représenter. La manoeuvre est tellement blessante qu’il semble que les parlementaires des deux bords ont opté pour le lancement d’un ballon d’essai pour tester la réaction de l’opinion publique. La confusion est si palpable que certains membres du bureau de la Chambre des représentants se contredisent dans leurs propos. Certains confirment l’éventualité de cette augmentation, d’autres sont plus formels et démentent catégoriquement qu’une telle opération soit à l’ordre du jour ? Qui croire dès lors que quelques honorables députés affirment qu’au contraire, ce projet figure bien dans la loi de finances. D’autres ignorent à quelle rubrique cette prime à la médiocrité a été imputée et les plus sûrs d’entre eux parlent d’une loi organique. En vérité personne n’est sûr de rien sauf peut-être cette grande personnalité ayant préféré gardé l’anonymat qui a démenti l’existence d’un quelconque projet d’augmentation des traitements des députés. Quand on vous dit que les élus de la nation n’ont aucune idée sur leur responsabilité nationale, ce n’est pas dans le but de fustiger injustement des gens sérieux, honnêtes et compétents. A preuve, ils n’arrivent même pas à savoir ce qui se passe dans l’enceinte du Parlement. On se demande alors comment ils pourraient, un jour, savoir ce qui se passe dans leur ville ou leur circonscription alors qu’ils sont toujours absents de Rabat comme de leur localité.

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