Éditorial : Campagne sous haute surveillance

Éditorial : Campagne sous haute surveillance

Le ministère de l’Intérieur a montré dès le démarrage de la campagne des communales par une série d’actes concrets qu’il est décidé à assainir le processus électoral. De la mise en congé des agents d’autorité dont des proches sont candidats aux élections, à la sanction des abus avérés aussi bien des candidats que des fonctionnaires de l’Intérieur, le dispositif de répression et de dissuasion mis en place est de nature à garantir la régularité et la transparence à la compétition. C’est dire que le ministère dirigé par El Mostafa Sahel suit de très près le déroulement de la campagne et les faits et gestes de ses différents acteurs sur le terrain. Tout dépassement est signalé automatiquement à la justice qui réagit avec cèlèrité. C’est le cas par exemple du député et président sortant de la commune de Benguérir. Mohamed Chaibi du MP a été condamné pour faux et usage de faux à un an de prison ferme et à une amende de 1200 Dhs. L’inculpé a été également déchu de ses droits civiques (éligibilité et vote) pour une période de 5 ans. C’est le premier acte de fermeté des pouvoirs publics. Les candidats n’ont qu’à bien se tenir. Le temps du laxisme est bel et bien révolu. Fini le temps, en effet, où les divers abus de campagne rencontraient souvent l’indulgence coupable des autorités. C’est dans une ambiance faite d’extrême prudence et de vigilance que se déroule donc cette campagne. Le cas de Benguérir sert de leçon pour les autres candidats. Par ailleurs, certains d’entre eux sont particulièrement sous haute surveillance. Il s’agit de ceux qui ont préparé avant l’ouverture de la campagne électorale un trésor de guerre pour l’achat le moment venu des voix des électeurs. Identifiés par les autorités, ces corrupteurs potentiels ont intérêt à sortir d’autres arguments que l’argent facile. Justement, la corruption a pendant longtemps faussé le jeu électoral au Maroc et dénaturé la représentativité des partis politiques. Tout à leur désir de décrocher des mandats électifs qui leur permettent de s’offrir un statut social, les trafiquants descendent sur l’arène et gagnent les élections de manière frauduleuse envers et contre tous. Ce genre d’élus nantis en avoir et pas en savoir bloquent l’émergence de nouvelles figures et plombent le renouvellement de l’élite locale et nationale. Les partis politiques se sont accommodés de ces personnages pour leur force de frappe financière. Les intéressés sont connus pour ne pas payer seulement de mots les obligés qu’ils font. Le coup de balai donné par les pouvoirs publics sur la scène tangéroise en particulier et dans d’autres villes a eu l’effet d’un tremblement de terre. Une action salutaire qui a eu un effet immédiat. À Tanger par exemple, la mise à l’écart soft des brebis galeuses s’est traduite par un grand soulagement au sein de la classe politique. Des visages nouveaux ont été encouragés pour la première fois à s’engager dans les élections. L’assainissement doit se poursuivre.

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