Éditorial : Campagne terne

Éditorial : Campagne terne

C’est aujourd’hui 27 août que démarre la campagne électorale pour les communales du 12 septembre. Les candidats des différentes forces en présence ont jusque 11 septembre pour affûter leurs arguments. Deux semaines pour convaincre. Que le meilleur gagne! Cependant, la majorité des dossiers ont été déposés dans l’urgence pendant les derniers jours de la clôture du dépôt de candidatures. Un retard dû d’une part au fait que nombre de candidats étaient en vacances et de l’autre au fait que les états-majors des partis politiques se sont empêtrés dans le casse-tête des têtes de listes. Cette situation montre l’improvisation qui continue à caractériser l’action partisane au Maroc. Résultat : les candidats font leur entrée sur l’arène alors qu’ils n’ont pas eu suffisamment de temps pour se préparer. Ainsi vont les élections au Maroc. Et puis, la campagne qui démarre manque visiblement d’ambiance et d’animation. Tout se passe comme si le pays n’était pas en période électorale et que les citoyens n’étaient pas concernés. Un constat positif s’impose cependant : personne ne met en doute la sincérité qui va marquer l’opération de vote. La preuve par les (dernières) législatives qui se sont déroulées dans un climat de transparence a persuadé tout le monde de la volonté des autorités de rompre conformément à l’engagement Royal avec les tripatouillages des urnes. La polémique qui enfle au lendemain du scrutin autour de la régularité de ce dernier n’aura certainement pas lieu. Ce faisant, les pouvoirs publics ont rempli leur part du contrat. Aux partis de remplir la leur en présentant des candidats propres et compétents prêts à servir la collectivité au lieu de se servir d’elle. Des candidats qui sont dans une logique de construction d’une véritable démocratie locale où les besoins du citoyen sont pris en considération. Car la sincérité des urnes n’est pas une fin en soi. Elle ne prend toute son utilité que si elle est consolidée par une pratique politique saine débarrassée des vieux réflexes et exercée par une nouvelle élite locale capable de matérialiser sur le terrain l’esprit de la nouvelle charte communale. Les pouvoirs publics ont contribué en partie à assainir le processus électoral en dissuadant un certain nombre d’élus sortants (sujets à caution) notamment à Tanger de ne pas se représenter. Une mesure préventive et salutaire pour le devenir d’une ville du Détroit prise en otage par les forces de l’argent souvent facile. Maintenant que le chemin a été balisé dans le Nord, il appartient aux partis politiques d’accompagner la démarche assainissante de l’État par un choix judicieux des postulants de rechange tant il est vrai que le principal enjeu des communales du 12 septembre reste la qualité du personnel communal qui va émerger des urnes. Autrement, la nouvelle réforme des collectivités locales risque de connaître le même sort que celle de 1976.

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