Éditorial : Circuits mafieux

Le terrorisme se meut dans la clandestinité et nécessite des moyens logistiques et donc financiers très importants. Un brouillage qui rend plus complexe l ‘identification de ses réseaux de financements. Un exemple édifiant provient des révélations du dénommé Miloudi Zakaria. Quand l’émir du Sirat Al Moustaquim forçait ses adeptes à faire de la collecte pour la construction d’une mosquée, ou pour aider les familles démunies à avoir leur mouton pour la fête d’Al Adha, une sérieuse querelle allait éclater au sein du groupuscule intégriste. Les adeptes de Zakaria lui reprochaient de chercher à les arnaquer. Des trentes millions de centimes qu’ils croyaient avoir amassés, leur émir n’en reconnait que quatre !! C’est dire combien les cartes de ce genre de manigances sont brouillées y compris pour leurs instigateurs.
Le financement du terrorisme peut s’effectuer par des réseaux financiers légaux, « quasi légaux »  ou carrément clandestins à partir de collectes de fonds ou de dons d’argent. Les réseaux utilisés par les terroristes ne leur sont pas spécifiques. Pour les opérations d’envergure, ils utilisent les facilités de la finance internationale offertes aux particuliers et aux sociétés. Les transferts de fonds pour le terrorisme empruntent souvent des circuits financiers sans complicité terroriste avérée. C’est ainsi que la vérité est en train de s’imposer quant aux sources financières extérieures des intégristes Marocains. La loi anti-terroriste vient à point nommé pour mettre fin au laxisme des pouvoirs publics.
Cette loi permettra désormais le contrôle des mouvements de fonds par le biais du procureur du Roi et la Banque du Maroc. De ce fait, le secret bancaire ne sera plus de mise chaque fois que les transactions sont estimées douteuses. Il y a quelques années seulement, des sommes colossales partaient du pays sous forme de soutien à des causes extérieures comme la Palestine, la Bosnie ou le Kosovo. Il est impensable que d’énormes capitaux sortent du Maroc sans passer par l’office des changes. Pire, cette institution pourtant très méticuleuse dans ce domaine ne se donnait même pas la peine de savoir où allait cet argent alors que la loi est formelle là-dessus. Tout transfert d’argent à l’étranger doit passer par l’Office des changes. C’est à juste raison d’ailleurs qu’un député usfpéiste a soulevé le problème à travers une question, lors d’une séance plénière au Parlement, adressée au ministre des finances. Ce dernier, qui est du même parti que le député, a malheureusement contourné cette question qui taraude tous les esprits par une réponse évasive.
Le chef d’Attakfir Wal Hijra avait bel et bien révélé une autre méthode de financement des organisations terroristes : Le hold-up. Comme cette attaque d’une voiture de transport de fonds à Salé perpétrée aux côtés de Fikri par Yousef Addad et Abdelmalek Bouizgarne. Les deux derniers sont toujours en cavale. Ce n’est pas un cas isolé puisque les membres du groupe intégriste appréhendé récemment à Fès par les services de sécurité ont avoué avoir suivi un entraînement intense, particulièrement en matière de hold-up et d’attaques à main armée. Leur rôle était de remplir la caisse de la nébuleuse. La décision de mettre fin au laxisme s’avère salutaire. Mais la décision qu’on prend est de peu d’importance : l’important, c’est de s’y tenir.

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