Éditorial : Convoitise

L’organisation au Maroc de l’opération "Sidaction 2005", le 9 décembre, a été, de l’avis général des observateurs, un grand succès. Il n’y a point de doute que l’approche marocaine en matière de lutte contre le Sida est unique dans le monde arabe et islamique. En dehors de quelques erreurs enregistrées en fin des années 80 et début des années 90 – dues essentiellement à l’hésitation de certains responsables de l’époque qu’à des réflexes conservateurs – au Maroc, les personnes atteintes du Sida ont, dès le début, trouvé auprès des autorités sanitaires de l’Etat un interlocuteur attentif et un soutien effectif.
Côté société aussi et malgré tous les préjugés d’origine religieuse ou culturelle, les Marocains sont plus compatissants, plus tolérants et plus compréhensifs envers les malades du Sida que la plupart des populations du monde arabo-musulman. Et c’est essentiellement grâce à la réunion de ces deux éléments à savoir une bonne politique étatique et une grande solidarité populaire que le Maroc a pu se distinguer en matière de lutte contre le Sida et de prise en charge des personnes atteintes de cette maladie. Et c’est aussi grâce à l’existence de ces deux éléments que la naissance d’un tissu associatif actif dans ce domaine a vu le jour. C’est grâce à une volonté politique claire de l’Etat basée sur le principe de la transparence et la tolérance de la société marocaine que la création d’ONG comme l’"Association marocaine de lutte contre le Sida" ou l’"Organisation panafricaine de lutte contre le Sida" a été possible. Certes, l’implication de la société civile dans l’action de sensibilisation aux moyens de protection contre le risque de contamination au virus du Sida ou dans la prise en charge psychologique et thérapeutique des malades a joué un très grand rôle dans la limitation de la propagation de la maladie dans notre pays. Mais, cela n’aurait jamais été possible sans l’implication de la société tout entière. 
C’est ce que l’on vient de constater d’ailleurs lors de l’organisation de "Sidaction 2005" où la solidarité nationale a permis la collecte de pas moins de vingt millions de dirhams.
Toutefois, cet argent généreusement offert par les Marocains pour une noble cause est aujourd’hui l’objet d’une bagarre acharnée entre les différentes associations actives dans le domaine de la lutte contre le Sida. Chacune desdites associations réclame ses parts du "gâteau" estimant y avoir droit. Ce qui est tout à fait légitime étant donné qu’elles font toutes un excellent travail. Il est certain que, en question de visibilité, l’opération Sidaction a été largement monopolisée par l’ALCS en la personne de sa présidente. Cela pourrait se justifier, peut-être, par le fait qu’elle aurait été derrière l’organisation de cet événement. Mais, cela ne justifierait pas de priver les autres associations d’une partie du soutien populaire à l’action contre le Sida. Ce serait injuste.

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