Éditorial : Coopération

Mohamed Guerbouzi, 48 ans, Britannique d’origine marocaine, serait impliqué dans les attentats terroristes du 7 juillet à Londres. Selon la presse britannique, cet islamiste serait activement recherché par les services de sécurité du Royaume-Uni. Scotland Yard, Mi 5 et Mi6 auraient lancé une chasse à l’homme sans précédent dans ce pays pour retrouver celui que l’on soupçonne d’être à la tête d’un groupe islamiste marocain lié à la nébuleuse terroriste d’Al Qaïda. Pour ce faire, les services de sécurité britanniques auraient sollicité l’aide de leurs homologues européens notamment espagnols, français et italiens dont les experts en la matière se trouvent d’ailleurs déjà à Londres pour faciliter l’échange d’informations tel que prévu par les accords intereuropéens dans le domaine de la lutte antiterroriste.
Outre cette collaboration horizontale entre les pays européens qui s’était renforcée au lendemain des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, l’élargissement du cercle de la coopération anti-terroriste aux services de sécurité des pays maghrébins s’était avéré très important lorsque les enquêtes sur lesdits attentats ont révélé l’implication de terroristes islamistes algériens et marocains.
Toutefois, la coopération dans sa dimension verticale , c’est-à-dire entre le nord et le sud de la Méditerranée, reste très limitée lorsqu’il s’agit de demandes d’extradition formulées par les services de sécurité des pays maghrébins contre des personnes soupçonnées par ces derniers de faire partie d’organisations terroristes ou avoir été à l’origine d’actes terroristes dans leurs pays d’origine.
L’Algérie, qui a fait face durant plus de dix ans au terrorisme islamiste dans toute son horreur, a été le pays maghrébin qui a le plus souffert de ce manque de coopération de la part des pays occidentaux. Des personnes impliquées dans les attentats avaient, en effet, trouvé refuge et protection en Europe alors qu’elles faisaient l’objet de demandes d’extradition de la part de la justice algérienne.
Pour le Maroc, la situation est presque la même. Malgré le fait que le Royaume soit l’un des pays les plus engagés dans la lutte internationale contre le terrorisme, certains pays européens ont fait preuve de réticence au moment d’examiner certaines demandes d’extradition que le ministère marocain de la Justice leur a adressées. Ce fut notamment le cas de l’Espagne et de la Grande-Bretagne.
Aujourd’hui, la lutte antiterroriste est devenue le combat de tous. Européens et Maghrébins sont appelés à améliorer leurs mécanismes de coopération dans ce domaine afin d’éviter que des individus comme Guerbouzi bénéficient d’une protection officielle à Londres alors que son implication dans les attentats du 16 mai à Casablanca avait été prouvée et judiciairement avérée.

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