Éditorial : Corps d’élite

Il faut rendre un hommage appuyé aux forces de sécurité pour avoir neutralisé un groupe terroriste dangereux à Casablanca. Les péripéties de l’opération Sid Al Khadir ont montré, de bout en bout, le courage des policiers marocains disposés à sacrifier leurs vies pour sauver celles de leurs compatriotes. Dieu merci, aucun agent de police n’a laissé la vie dans cette action périlleuse.
Sur l’action de Sid Al Khadir, les chefs de la sûreté nationale de Hay Hassani-Aïn Chock et de Salé furent aux avant-postes. Ces derniers auraient pu diriger l’action de loin par talkie-walkie, mais ils ont tenu à être en première ligne pour ne pas démotiver leurs troupes. Ce détail est trop important pour ne pas le signaler. La coordination a été exemplaire, depuis le début jusqu’à la fin, entre les différents services de police, tous grades confondus, de Casablanca, Rabat et Salé qui ont participé à cette opération.
D’ailleurs, celle-ci a été couronnée de succès même si deux des cinq suspects, Mohamed Mental et Youssef Addad, ont réussi à prendre la fuite.
Cependant, il convient de relever la ressemblance qui caractérise les opérations pendant lesquelles les forces de sécurité montent au front contre les bandes terroristes. Celles de Meknès-Fès , récemment de Berrechid et aujourd’hui de Sid Al Khadir sont menées selon presque le même mode opératoire avec des blessés dans le corps de la sûreté nationale et même des morts comme ce fut le cas dans la bataille de Fès-Meknès.
Il est vrai que l’ennemi en face est extrêmement dangereux, en ce sens où il est prêt à tout, y compris de mourir et de tuer. Et puis, quand une équipe de policiers part en guerre contre les terroristes, elle ne sait pas à quoi elle s’attend. Comment vont-ils réagir aux sommations policières ? Avec quelles armes vont-ils attaquer ? Des sabres comme c’est le cas jusqu’ici ou des armes à feu ou encore des bombes ?
Cette réalité doit normalement imposer une autre manière d’en découdre avec des individus de ce type. Il est temps de mettre en place des brigades spécialesqui soient formées aux techniques d’intervention contre les terroristes. Ce sont ces corps d’élite professionnels qu’il faut mobiliser dans les affaires de terrorisme au lieu d’envoyer de simples policiers qui agissent avec les terroristes comme n’importe quel délinquant.
Le terrorisme, qui a fait irruption dans la vie des Marocains depuis le 16 mai 2003, est un danger qui nécessite une autre approche sécuritaire plus adaptée en termes de formation et de logistique. Il faut pour cela donner à la sûreté nationale tous les moyens matériels et humains dont elle a besoin pour faire face, de manière efficace et professionnelle, au péril terroriste aussi bien en amont qu’en aval.
Certes, il s’agit de restaurer la sécurité spirituelle des Marocains en la débarrassant de l’idéologie meurtrière de la Salafiya Jihadia. Mais la sécurité des hommes et des biens est non moins importante. Elle appelle une refonte en profondeur du fonctionnement de l’appareil du renseignement et de la sûreté qui engloberait la création d’une direction antiterroriste.

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