Éditorial : Débauche financière

Éditorial : Débauche financière

Le Premier ministre, Driss Jettou, vient de sensibiliser les membres de son équipe à la nécessité de diminuer les dépenses occasionnées par leur travail. En un mot, il s’agit de réduire le train de vie de l’État jugé trop somptuaire pour un pays réputé pauvre et aux finances moribondes. Objectif : dégager de l’argent pour l’Initiative nationale de développement humain. L’INDH est donc passée par là.  
En effet, beaucoup de faux frais engagés à tous les étages pour parfois de pseudo activités. Ceci est un secret de polichinelle.  Mais l’essentiel est de participer pour profiter surtout des actions annexes. Les anecdotes à ce sujet sont légion. Croustillantes.  Réceptions fastueuses avec traiteur et tout le tralala, déplacements  à l’étranger peu nécessaires pour ne pas dire bidon et repas en groupe dans les tables les plus luxueuses de la capitale. Pourquoi bouder son plaisir quand l’argent coule à flots ? Tout devient au contraire prétexte à forcer sur le budget alloué à chaque ministère. Et quand celui-ci est épuisé avant l’heure, certains n’hésitent pas à faire appel aux organismes sous tutelle qui à leur tour ne se privent pas. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… Mais qui contrôle ces dépenses superflues, qui les traque là où elles se trouvent ? Cette fièvre dépensière vient-elle de cette prise de conscience que la vie de ministre est si courte qu’il faut la brûler par les deux bouts ? Une chose est sûre : il est temps de rationaliser les dépenses de l’État pour une meilleure gestion et un rendement conséquent.   
Ce n’est peut-être pas le cas de tous, mais il va sans dire qu’il est des ministres qui exagèrent en faisant de leur fonction un monde de privilèges, voire d’abus. Paradoxalement, ils font preuve de plus d’esprit d’initiative et d’ingéniosité quand il s’agit de voyages et autres séminaires que dans le travail pour lequel ils ont été nommés.    
Un État qui a mis en place les départs volontaires dans la fonction publique pour réduire une masse salariale phénoménale et instauré l’horaire continu pour réaliser des économies d’énergie doit aussi songer sérieusement à surveiller sa ligne au quotidien. Une ligne devenue trop grasse au fil du temps pour ne pas décider à la rendre plus sportive. Sans vouloir verser dans la  démagogie, il y a quelque chose d’indécent à continuer à ne pas faire un bon usage de l’argent public.     
En fait, il y a beaucoup de déperdition dans l’air alors qu’il y a des économies importantes à faire également sur la consommation d’électricité dans les départements ministériels, les établissements publics ainsi que les services extérieurs. Mais qui s’en soucie ? Et puis, nombre de ministères et d’administrations rivalisent dans un autre domaine, celui de la construction dans le quartier Riad à Rabat de nouveaux sièges somptueux à coup de plusieurs milliards. Bonjour rigueur ! Où est la bonne gouvernance, expression actuellement à la mode et ressassée par  les responsables , dans cette débauche de marchés et de charges ?

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