Éditorial : Divagations

Le quotidien espagnol El Mundo récidive dans une escalade qui sent à plein nez la mystification et la supercherie. Après avoir fait parler un mort en réalisant dans son édition du 22 août un entretien supposé de Hicham Mandari assassiné en Espagne avec des propos diffamatoires à l’encontre de S.M le Roi Mohammed VI et la famille royale, le voilà qui revient à la charge avec des articles bidons à la Une sur un autre sujet. Ces derniers tendent à accréditer la thèse selon laquelle les services marocains seraient derrière les attentats de Madrid du 11 mars dernier. Rien que ça ! Une thèse développée dans le livre, intitulé “11 M, la vengeance“, qui devait sortir aujourd’hui en Espagne et dont l’auteur n’est autre que le directeur-adjoint d’El Mundo.
On voudrait faire de la publicité à un ouvrage farfelu que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Mais de là à accuser l’État marocain d’être l’instigateur du drame madrilène, il n’ y a qu’un pas extrêmement grave que les responsables de ce journal ont allègrement franchi. Dans quel marécage encore les auteurs de ces allégations mensongères et diffamatoires sont allés puiser cette histoire à dormir debout ? Pas besoin de faire un grand effort pour comprendre que derrière cette nouvelle campagne anti-marocaine se trouve le Parti Populaire de José Maria Aznar. Celui-ci n’a jamais avalé le fait qu’il soit chassé du pouvoir par le parti socialiste de José Luis Zapatero suite aux élections du 14 mars, soit trois jours après les attaques terroristes de la gare d’Atocha que le gouvernement sortant a du reste très mal gérées de bout en bout sur fond de mensonge d’État. On connaît les motivations profondes des perdants en cherchant aujourd’hui à impliquer les services marocains dans cette affaire.
Mais pourquoi les journalistes d’El Mundo ont-ils trempé leur plume dans cette grossière fumisterie ? La réponse est simple. Conscient qu’il doit répondre devant la justice de ses propos insultants à l’égard de la famille royale dans le cadre de l’entretien attribué a Mandari, El Mundo a choisi la fuite en avant dans une tentative désespérée de brouiller les pistes. Et puis, ce journal, proche des thèses aznaristes, est actionné pour casser la dynamique de rapprochement entre le Madrid et Rabat depuis l’avènement du Psoe au pouvoir. C’est cousu de fil blanc.
À chaque fois qu’il y a une éclaircie dans le ciel des relations entre les deux pays voisins, une certaine presse locale est mise à contribution pour contrarier cette bonne entente. Triste réalité pour les journalistes espagnols, souvent en service commandé et qui ont apparemment du mal à s’affranchir de la tutelle du parti populaire. Scotché à la toile aznariste, El Mundo est à la fois l’illustration et la caricature de cette situation où le professionnalisme est pris en otage par des intérêts autres . N’est- ce pas Pedro J.Ramirez ?

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