Éditorial : Drogue et drague

Les drogues dures ne circulent pas seulement dans le monde occidental. Elles se vendent désormais au Maroc dans des cercles précis. Cette réalité a été révélée au grand jour à la faveur du démantèlement en février dernier à Marrakech d’un réseau de cocaïne dont les membres, pour la plupart fils de notabilités locales, ont été pris en flagrant délit de consommation de stupéfiants. L’affaire, qui avait fait grand bruit, a été jugée en première instance et en appel. Voilà que le dossier rebondit avec l’interpellation récente du chanteur populaire connu sous le nom de Stati, accusé à son tour d’être un habitué de la cocaïne.
Qui dit consommateurs dit automatiquement fournisseurs. Justement, dans l’affaire de Marrakech, derrière les petits dealers, il y a toute une filière de trafic organisée qui alimente le marché local.
Cette substance dangereuse qui se négocie entre 800 et 1.000 Dhs le gramme, les Marocains savent qu’elle se vend depuis des années sous le manteau dans certains lieux de la distraction des grandes villes du pays et même dans les maisons d’une certaine jet-set très occidentalisée. Cela dit, c’est une gageure que d’empêcher l’introduction des drogues dures sur le territoire national. C’est peut-être le prix à payer pour la politique d’ouverture tous azimuts adoptée par le Royaume depuis plusieurs années.
A Marrakech, pôle touristique par excellence très prisée par les étrangers , tout se conjugue pour favoriser les différentes formes de débauche dans un festival de moeurs et d’habitudes étrangères à la culture marocaine. Ici, les touristes de différentes nationalités se retrouvent tout au long de l’année pour prendre du bon temps. Cependant, cela ne dispense pas le Maroc de se protéger contre les phénomènes nuisibles de nature à pervertir sa jeunesse déjà en proie au désespoir et à l’exclusion. Au contraire.
Outre la consommation des stupéfiants qu’il s’agisse des psychotropes, des drogues douces ou dures, le mal qui ronge la société marocaine est sans conteste la prostitution. La situation est telle que le pays a acquis à l’étranger la réputation vraie ou fausse d’être une nouvelle Thaïlande.
Certes, le plus vieux métier du monde se pratique sous tous les cieux, mais au Maroc à voir le jeu de drague qui fait rage à tous les étages, l’impression qui se dégage quand on se trouve dans certaines villes c’est que toutes les femmes sont des prostituées. Ce qui n’est pas du tout vrai. C’est cette confusion dangereuse qui fait que les adeptes des amours tarifées ont tendance à mettre tout le monde dans le même sac dans une absence totale de respect envers la gent féminine. Cette dérive dangereuse, les pouvoirs publics sont appelés à la combattre de manière ferme et continue. Le Maroc, qui a fait du tourisme un secteur prioritaire, a en même temps obligation de veiller à ce que la société soit immunisée contre les diverses formes de dépravation sociale.

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