Éditorial : Du 11 septembre au 16 mai

Éditorial : Du 11 septembre au 16 mai

Oussama Ben Laden est donc vivant si l’on ajoute foi à la cassette vidéo diffusée mercredi 10 septembre par la Chaîne de télévision Al Jazeera le montrant lui et son compagnon de route Ayman Adawahiri en train de marcher dans une colline rocailleuse émaillée de verdure. La réapparition de l’ennemi public numéro un des Etats-Unis après une longue éclipse intervient à la veille de l’anniversaire des attaques terroristes du World Trade Center de septembre 2001. Selon Al-Jazeera, le film a été tourné en avril ou mai et produit par une société dénommée Al-Sahhab, qui, selon la chaîne, a fait sa spécialité de « la préparation de films pour Al-Qaïda ». Au moment où on le croyait mort, voilà que le milliardaire saoudien refait surface avec son second qui a promis de nouveaux actes terroristes contre les Etats-Unis. Le terrorisme islamiste constitue une menace non seulement pour la première puissance mondiale mais pour les pays du monde entier. Aucun État n’est épargné. Le Maroc en a fait les frais avec les attentats-kamikaze du 16 mai 2003 qui ont touché la ville de Casablanca. Des actes menés par une bande de jeunes paumés embrigadés par les théoriciens de la Salfia Jihadia. Une mouvance obscurantiste qui se réclame justement de l’idéologie meurtrière dont Oussama Ben Laden est le chef de file. Une mouvance qui veut porter la terreur au coeur des “régimes arabes impies“ et de l’occident “mécréant“. Cette nouvelle dérive donne des insomnies aux services de sécurité de nombre de pays qui passent désormais leur temps à suivre les faits et gestes des sympathisants d’Al Qaïda dont la capacité de nuisance est toujours réelle malgré les coups durs portés à l’encadrement de cette organisation. En fait, Al Qaïda n’est pas à proprement parler une organisation avec des structures et un conseil d’administration. Il s’agit plutôt d’une marque de fabrique sous la bannière de laquelle tous les fans des méthodes de Ben Laden peuvent s’inscrire. De Casablanca, à Tunis, en passant par Bali, Riyad et Djakarta…, des groupuscules extrémistes peuvent sans qu’ils soient actionnés directement par Ben Laden et ses sicaires prendre l’initiative de tuer au nom du jihad. Ennemi invisible, il peut frapper n’importe où et n’importe quand. Et c’est là tout le danger qui rend la lutte contre le terrorisme aveugle des plus difficiles. Prenons le cas du Maroc. Ben Laden y a ses adeptes sans qu’il ait à les rencontrer les Abou Hodaïfa, Abou Hafs et autres Fizazi ont perpétué les idées obscurantistes de Al Qaïda dans les quartiers périphériques et poussiéreux de nombre de villes. La répression n’est pas la seule réponse à l’extrémisme. Dans le cas du Maroc, le terrorisme a rencontré un terreau favorable. Les kamikazes du 16 mai, qui se sont fait exploser en plein Casablanca en tuant une quarantaine d’innocents, font partie de la cohorte des laissés-pour-compte de la société. D’où l’urgence de s’attaquer aux racines du mal et non à ses symptômes.

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