Éditorial : Efficacité

Le département de cyber-police récemment créé au Maroc est déjà opérationnel. Cela fait quelques semaines que ses éléments ont commencé à patrouiller dans le web pour détecter tout acte criminel de nature à mettre en péril la sécurité du pays. Le démantèlement d’une cellule terroriste de la Salafiya Jihadia à Mohammedia est le fruit de son action, apprend-on de source informée.
En effet, si la police a réussi à mettre la main sur des individus qui projetaient de perpétrer des attentats à la bombe c’est grâce à cette nouvelle unité. Les membres de ladite cellule appartenant à la mouvance de la Salafiya Jihadia, dont sept sont en état d’arrestation, envisageaient de commettre des actes terroristes au Maroc et avaient entrepris à cette fin des recherches sur le net pour trouver des informations sur les moyens de fabriquer des bombes et les techniques de détonation à distance moyennant des téléphones portables.
Toutefois, ils ignoraient que, pendant qu’ils effectuaient leurs recherches sur Internet, ils étaient surveillés de près par les membres de l’équipe de la nouvelle cyber-police. Et, dès que ces derniers ont pu identifier les mis en cause, ils ont alerté les services de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) qui se sont chargés de continuer le travail sur le terrain en procédant au démantèlement de la cellule terroriste et à l’arrestation de ses membres. Interrogés par les officiers de cette brigade à Casablanca, ils ont été ensuite déférés devant le juge d’instruction dans le cadre de la loi antiterroriste.
L’historique de l’affaire est ainsi très significatif, et ce pour deux raisons. D’abord, on y sent une évolution très importante de la méthode d’action des services de sécurité nationaux, notamment en ce qui concerne l’efficacité et la coordination. Ainsi, la vigilance d’une cellule informatique détecte la navigation sur Internet de terroristes, elle les surveille sur le net, parvient à les identifier, en informe le département concerné qui passe à l’action et démantèle la cellule. L’efficacité est remarquable puisque l’on a réussi à faire échouer le projet macabre des terroristes avant qu’ils ne passent à l’action. Ensuite, il y a lieu de relever que toute l’affaire s’est déroulée dans le cadre du respect des règles de procédure pénale. Les mis en cause ont ainsi été arrêtés, interrogés et présentés au juge d’instruction dans un délai ne dépassant pas deux semaines. Et tout s’est fait dans la transparence.
Ainsi, il y a deux choses à retenir dans cette affaire. La première est que la mise à la disposition de la police nationale des moyens nécessaires lui permet de développer son efficacité et donc d’assurer convenablement sa mission. La deuxième est que le danger salafiste persiste et que la vigilance est de mise.

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