Éditorial : Élan patriotique

Formidable mobilisation des Marocains de l’étranger autour de l’affaire du Sahara. De Paris, à Barcelone en passant par Berlin et Madrid…, un vent patriotique souffle depuis quelques semaines sur les grandes places européennes. On a vu ainsi  plusieurs centaines de MRE descendre dans la rue pour manifester, dans l’ordre et le calme, leur attachement à leurs provinces du Sud et demander la libération immédiate de leurs compatriotes séquestrés à Tindouf . Une foule solidaire et compacte, déterminée et bon enfant, vibrait comme un seul homme, communiant dans l’amour de la patrie et communiquant son refus des manœuvres des adversaires de l’intégrité territoriale du pays. Qui arborait des banderoles, qui des portraits de S.M le Roi Mohammed VI, qui les couleurs nationales. Belles images d’une mobilisation sans précédent qui, n’ayant rien d’une fièvre nationaliste de mauvais aloi, est un acte de patriotisme spontané et sincère. Il ne faut pas que la flamme baisse. Il s’agit de montrer à la communauté internationale que les Marocains rejettent catégoriquement toutes les manœuvres visant à gêner la marche assurée de leur pays vers le développement. Les mêmes marches  doivent pouvoir être organisées dans les villes marocaines, histoire d’accompagner l’Appel citoyen lancé récemment par un collectif d’acteurs de la société civile et du secteur des droits de l’Homme.    
À Paris, dimanche 19 juin, à la place de la Bastille, nombre de ressortissants algériens ont joint leurs voix à celles de leurs frères marocains démontrant par la même le fossé qui sépare le peuple algérien et ses gouvernants sur la question du Sahara marocain. En clair, la marocophobie en Algérie ne concerne que les cercles du pouvoir.  
Création d’Alger dont il est le sponsor depuis plus de 25 ans, le Polisario, il est vrai, n’a jamais représenté quelque chose pour les Algériens. C’est une vérité incontestable que même les officiels du pays des Aurès reconnaissent en privé pour signifier que le poids de ce contentieux ne doit pas prendre beaucoup de place dans les relations algéro-marocaines et qu’il faut de ce fait l’en expurger afin de favoriser le rapprochement bilatéral par la coopération économique. Cette thèse pèche pour le moins par son incohérence. Car il est impossible de tisser des liens de partenariat sincères avec un pays qui ne cherche en vérité qu’affaiblir son partenaire potentiel à travers une affaire qui structure durablement toute son action et à laquelle il dédie des moyens d’État colossaux ! Braqué par une attitude constamment belliqueuse, rejetant une duplicité qui ne lui ressemble guère, le Maroc refuse à se lancer dans les projets de relance de la coopération bilatérale ou de construction maghrébine alors que l’Algérie et ses décideurs ne respectent même pas les principes élémentaires du bon voisinage…      

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