Éditorial : Equilibre

Éditorial : Equilibre

La carte de la pauvreté élaborée par le Haut commissariat au Plan montre de manière claire les régions minées par la pauvreté. Ce sont les régions du grand sud et de l’est du Maroc qui sont les plus touchées. Beaucoup de zones situées à l’intérieur et dans le nord du Royaume sont elles aussi démunies. Toutefois, l’information époustouflante se rapporte  aux provinces du Sud. Contrairement à ce que l’on pense jusqu’ici, ces territoires, qui représentent près de la moitié de la superficie du Royaume, ne  sont pas les moins loties avec seulement moins de 10% de pauvreté. Et pourtant, l’essentiel des politiques publiques et des moyens financiers de l’État sont mobilisés depuis 1975 au profit des populations du Sahara marocain. Malgré ces sacrifices énormes, il se trouve toujours des habitants qui estiment que les pouvoirs publics ne font pas assez, n’hésitant pas à réclamer davantage de privilèges et à manifester bruyamment.      
En tout cas, cette situation paradoxale donne matière à réflexion pour mettre une nouvelle manière d’appréhender à l’avenir les enjeux profonds dans ces territoires et les moyens d’introduire une normalisation salutaire dans les rapports de l’Etat avec les provinces sahariennes. Certes, il est des endroits plus sensibles que d’autres. Mais, il n’y a pas de raison que les régions qui ont besoin réellement de la solidarité nationale continuent à être exclues de la dynamique de la croissance. Il est temps de les réhabiliter. L’effort de développement est censé être équilibré pour un Maroc prospère avec le moins d’inégalités régionales possibles.
Cette carte détaillée montre le caractère titanesque du travail à accomplir pour venir à bout de la pauvreté et en creux l’ampleur de l’inaction des gouvernements qui se sont succédé depuis une quarantaine d’années. Dans des domaines comme l’électrification, les adductions d’eau et la lutte contre l’analphabétisme, le Maroc a réalisé des performances remarquables juste au cours des cinq dernières années.   
Le travail accompli par les services de Ahmed Lahlimi a le mérite d’être récent. Il  va servir pour la mise en place des projets de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). Une initiative lancée par S.M le Roi Mohammed VI pour mettre fin sinon du moins réduire les disparités socio-économiques qui frappent et les territoires et les populations. Au-delà du déficit d’infrastructures et d’équipements qu’il faut résorber, la particularité de l’INDH réside dans sa volonté d’aider les exclus à trouver un moyen de subsistance. En effet, il ne suffit pas d’électrifier, d’introduire l’eau potable ou de construire des logements…
Un revenu stable est un élément fondamental de toute équation du développement qui reste lui tributaire de la croissance économique générée par l’investissement productif.   

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *