Éditorial : Etre Marocain en Algérie

S’il est un secteur où la coopération entre le Maroc et l’Algérie ne s’est jamais interrompue malgré la constance de la tension des rapports politiques, c’est bien celui du barreau. Les avocats des deux Etats, liés par une convention en la matière, peuvent en effet exercer leur métier dans l’un ou l’autre pays sans problème aucun. Dans ce domaine, l’intégration semble assez bien fonctionner, contrairement à d’autres où les Marocains établis en Algérie sont confrontés à de nombreuses difficultés et restrictions. Ainsi par exemple, sauf certaines dérogations, du droit de propriété qui leur est interdit ou d’exercice d’activités comme le commerce, alors que ces droits ne sont assujettis au Maroc à aucune condition. N’importe quel étranger, de n’importe quelle nationalité, est libre d’y posséder des biens et d’y investir dans tous les secteurs.
Le Maroc plus libéral que l’Algérie ? Cela est un fait. Les Algériens vivant dans le Royaume sont heureux puisqu’ils peuvent s’épanouir et s’intégrer chez nous sans aucune forme de contrainte. Ils peuvent acheter ce qu’ils veulent et fructifier leur capital. Ce qui est loin d’être le cas des Marocains installés en Algérie, enferrés, eux, dans un statut étriqué. De quelle logique relève le fait de les traiter comme des parias, en les maintenant dans un certain carcan social ? Peut-être que cela a-t-il un lien  avec l’affaire du Sahara marocain fabriquée de toutes pièces par Alger, en vue de gêner la marche de son voisin ! La souveraineté version algérienne se mesure-t-elle à l’aune du traitement restrictif réservé aux Marocains ? être un pays souverain proclamant en plus sa défense de l’autodétermination des peuples jusqu’à l’obsession  signifie-t-il la dénégation des droits  des ressortissants du pays voisin ? Est-ce cela la fraternité des peuples marocain et algérien régulièrement invoquée par les responsables d’Alger ? Les Marocains d’Algérie, nés là-bas et ayant choisi d’y faire leur vie, ne sont pas des citoyens de seconde zone. Et pourtant, force est de reconnaître qu’ils sont considérés comme tels par les autorités de ce pays. Tout le monde se souvient de l’expulsion en 1977 de plus de 40.000 Marocains installés sur le sol algérien. C’est dire…   
En fait, c’est la mentalité des dirigeants algériens qui est en cause. Une mentalité qui reconnaît très peu de droits aux étrangers en général et aux Marocains en particulier  au nom de l’on ne sait quelle idéologie. C’est cette même mentalité qui a conduit à la paupérisation des masses sur fond d’émeutes régulières, alors que l’Algérie est un pays riche en hydrocarbures. C’est cette même mentalité qui a poussé l’Algérie à tourner le dos au Maroc, en nourrissant une inimitié fidèle envers son intégrité territoriale. C’est cette même mentalité qui a empêché jusqu’ici la construction de l’UMA et l’émergence d’un marché économique régional intégré. Le monde a changé de fond en comble. Pas l’Algérie dont l’autisme des responsables, qui a battu tous les records, devient dangereux.

 
 

 

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