Éditorial : Fatwas

Le fquih Ahmed Raïssouni a été sollicité par l’Académie islamique de jurisprudence à Djedda en Arabie Saoudite où il devrait participer durant deux ans à l’élaboration d’un livre sur la Chariâ. le secrétaire général du Mouvement Unicité et Réforme (MUR) devra donc quitter le Royaume et abandonner les adeptes de son mouvement pour se consacrer à sa nouvelle mission.
C’est le bureau exécutif du MUR qui s’est chargé d’annoncer la nouvelle à l’opinion publique dans un communiqué publié par Attajdid, le quotidien arabophone porte-parole du mouvement et du Parti de la Justice et du Développement (PJD).
Dans ce communiqué, les membres du bureau du mouvement ont insisté sur le fait que l’ex-président démissionnaire aurait soumis à leur pouvoir discrétionnaire l’offre que l’Académie saoudienne lui a présentée pour qu’ils prennent la décision qui s’impose. Le texte publié par Attajdid précise que ce sont les membres du bureau qui, après délibérations, ont demandé au fquih Raïssouni de répondre favorablement à la demande de cette institution islamique. Ils ont justifié leur décision par le fait que l’importance de la mission qui sera conférée à M. Raïssouni et qui va au-delà de l’intérêt national puisqu’il s’agit d’une responsabilité panislamique. Mais, ne pas couper les liens du fquih avec son mouvement, ils l’ont assuré de leur intention de préserver sa place au sein du bureau exécutif au sien du MUR. Raïssouni n’a donc rien à craindre de ce côté-là.
L’ensemble de ces précisions rapportées d’une manière exhaustive dans le communiqué qui porte la signature, dit-on, de tous les membres du bureau exécutif cache en fait une autre version des choses.
Le dirigeant, fondateur du mouvement Attajdid Wal Islah, qui allait devenir le MUR après sa fusion avec la mouvance de Abdelilah Benkirane, quitte le Maroc après être devenu embarrassant même pour ses adeptes les plus dévoués. Il est devenu gênant par ses sorties hasardeuses et répétées sur la Commanderie des croyants (Imarat Al Mouminine) et la question de la Fatwa. Même ses amis au sein du PJD, dont il est l’idéologue, ont essayé de se démarquer de ses positions. En vain.
Aujourd’hui, il quitte le Maroc après avoir fomenté la polémique autour de plusieurs questions relevant de l’autorité religieuse de SM le Roi en tant qu’Amir Al Mouminine. Des polémiques qu’il est difficile de considérer comme une affaire de jurisprudence individuelle émanant d’un fquih. Il s’agit en fait d’une stratégie qui visait à porter atteinte à une Institution qui demeure le pilier de la stabilité de l’Etat marocain.  Mais, ce que le fquih n’a pas tenu en compte lorsqu’il mettait en exécution son plan, c’est que l’institution d’Imarat Al Mouminine existe au Maroc depuis plus de douze siècles et que ce n’est pas une pseudo-fatwa à la Raïssouni qui pourrait lui porter atteinte.

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