Éditorial : Fermeté

Décidément, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) est entrée dans une nouvelle phase marquée par la transparence dans le traitement des affaires internes, la rigueur dans l’application du règlement et la fermeté face aux dérapages. Trois règles que le directeur général de ce département de sûreté, le général de division, Hamidou Laânigri, a instaurées dès sa nomination et dont l’observation rigoureuse constitue une question de principe et une priorité absolue.
La suspension de dix-neuf membres du corps national de la police dans le cadre de l’enquête sur l’affaire dite de « Fatiha Jeblia » réaffirme cette volonté du nouveau directeur général de cet appareil de sécurité d’établir une nouvelle approche en matière de gestion et de fonctionnement basée sur la conformité à la loi et le respect des normes.
Et si l’objectif général de cette nouvelle politique est de réussir à mettre à niveau ce département et de le moderniser dans le fond et dans la forme, il faut dire que l’un des buts recherchés est de parvenir à faire disparaître la notion dite d' »affaires internes » qui a freiné l’assainissement de cet appareil chargé de la sécurité du pays et des citoyens. Car, durant les cinq dernières décennies, une mauvaise interprétation de « l’esprit de corps » avait réussi à s’installer dans les milieux de la police nationale devenant ainsi une sorte de loi sacrée et qu’il ne faut pas violer quelle que soit la situation. Ainsi, le fait de ne pas dénoncer un collègue était devenu une règle qui avait fini par acquérir au fil des années une légitimité des plus aberrantes. Sous le prétexte de ne pas laver son linge sale en public, certains responsables de cette administration préféraient ne pas donner suite aux affaires où des policiers étaient mis en cause et optaient généralement pour des sanctions administratives. Les intéressés évitaient ainsi d’être présentés devant la justice.
C’est d’ailleurs ce genre de comportement qui a permis à un psychopathe comme le fameux commissaire Hadj Tabet de faire tant de mal et de causer tant de souffrances à ses victimes et ce durant plusieurs années sans que personne ne bouge le petit doigt pour mettre un terme à ses crimes. Une chose pareille ne risque certainement pas d’avoir lieu aujourd’hui.
Aujourd’hui, il fait reconnaître que toute anomalie détectée au sein de la DGSN est immédiatement sanctionnée et réglée conformément à la loi. S’il s’agit d’une infraction, l’intéressé est automatiquement déféré devant le parquet pour que la Justice se prononce sur son cas. Et les preuves ne manquent pas. Les poursuites engagées contre des officiers supérieurs de la sûreté nationale dans le dossier de Mounir Erramache attestent que l’ère de l’impunité est finie au sein de la police nationale et que désormais nul ne pourra se considérer au-dessus de la loi.

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