Éditorial : Gagner ensemble

Comme promis, le nouveau président du gouvernement espagnol réserve sa première visite à l’étranger au Maroc où il est attendu ce samedi 24 avril. À cette occasion, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero devrait s’entretenir avec S.M le Roi Mohammed VI et son homologue Driss Jettou.
Les deux parties fondent un grand espoir sur cette visite pour inaugurer une nouvelle dynamique dans les rapports marco-espagnols mis à mal sous la période José Maria Aznar. Le successeur de celui-ci a, dès le lendemain de sa victoire et puis lors de son investiture, proclamé sa volonté de rapprocher les deux pays autour d’une relation aux mieux des intérêts bilatéraux.
M. Maria Aznar ne disait pas autre chose dans ses déclarations publiques, mais les faits contredirent à plus d’une occasion ses professions de foi. Le nouveau locataire du palais de la Moncloa ne ressemble en rien à son prédécesseur. Ni dans le tempérament ni dans la vision. M. José Luis Zapatero dégage l’impression d’une grande sincérité, allant droit au but sans lambiner. D’entrée de jeu, celui que les Espagnols surnomment affectueusement “bambi“ a entériné la décision de retirer les troupes espagnoles stationnées en Irak conformément à sa promesse. Une décision courageuse qui replace l’Espagne au coeur de l’Europe dont José Maria Aznar s’est éloigné ces derniers temps, en s’alignant sur la position des Etats-Unis concernant la deuxième guerre du Golfe.
M. José Luis Zapatero est un Européen convaincu qui ne développe pas de tropisme américain doublé d’un défenseur de la coopération des deux rives de la Méditerranée.
Pays voisins et liés par une histoire commune, le Maroc et l’Espagne ont naturellement un rôle important à jouer dans la région pour qu’elle soit un espace de prospérité et un havre de paix pour tous.
En ces temps mouvementés, il s’agit pour Madrid et Rabat d’introduire une bonne dose de réalisme et d’intelligence dans leur approche des dossiers d’intérêt commun. Certes, des contentieux existent entre les deux parties, notamment celui des présides marocains de Cebta et Méllilia sous contrôle espagnol. Mais la possibilité de les dépasser ne se trouve que dans le dialogue constructif qui est porteur de solutions de gestion ou de cogestion des différends quelle que soit leur nature. En un mot, les responsables espagnols et marocains sont appelés, plus que jamais à vaincre les préjugés et les réticences en étant à la hauteur des vrais défis qui les assaillent, en ce sens où ce que les rapproche est beaucoup plus important que ce qui peut les diviser.
Ces défis sont d’abord économiques. Dans cette optique, il convient de croiser les intérêts par une facilitation accrue des investissements espagnols au Maroc et la création de joint-ventures entre les entreprises des deux pays.
L’Espagne de José Luis Zapatero ne peut qu’être en phase avec le Maroc de S.M Mohammed VI. Deux pays dont le destin ne peut être que commun. L’avenir de l’un dépend de celui de l’autre. Il faut gagner ensemble.

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