Éditorial : Gérer autrement

Quelque 7 milliards de Dhs seront investis au Sahara dans le cadre du programme de développement économique de cette partie du Maroc où s’est tenu jeudi 14 octobre le premier Conseil d’administration de l’Agence des provinces du Sud. Au-delà des nombreux projets que le gouvernement a apportés dans son escarcelle, ce débarquement gouvernemental à Laâyoune se voulait un acte d’engagement envers les populations locales et un signal politique fort en direction de la communauté internationale sur les choix du Royaume. Ceux-ci, irréversibles, sont tournés vers l’avenir. Et l’avenir au Sahara marocain a les couleurs de la régionalisation et du progrès. En un mot comme en mille, les provinces du Sud, loin d’être figées, vivent pleinement et entièrement leur marocanité dans un climat serein, sans prêter le moindre intérêt aux gesticulations et aux manoeuvres des adversaires de l’intégrité territoriale du pays. Autrement dit, ces provinces ne peuvent pas être autre chose que ce qu’elles sont maintenant, c’est-à-dire des régions bien ancrées dans leur identité marocaine que les habitants vivent fortement au quotidien. Le polisario et ses soutiens ont beau louvoyer, comploter, la vérité se trouve dans chaque grain de sable: le Sahara est marocain.
Cependant, les efforts socio-économiques déployés par les pouvoirs publics pour l’essor du Sahara ont besoin d’une nouvelle approche qu’il convient d’inventer et de mettre en oeuvre sur le terrain. Il s’agit de réfléchir à la mise en place d’une sorte de comité élu et représentatif dédié aux affaires économiques, sociales et politiques du Sahara qui aura comme charge, sur la base d’une feuille de route précise, d’assurer le suivi de l’évolution de la cause nationale dans ses différents volets et de rendre compte des réalisations enregistrées et des problèmes rencontrés.
L’objectif étant, en attendant l’autonomie sous souveraineté marocaine, d’arriver à une gestion démocratique et transparente de ces territoires. Une gestion qui engloberait aussi les richesses locales.
L’avantage d’une telle démarche participative est de permettre aux enfants de la région de prendre eux-mêmes en charge le destin de leurs territoires selon des méthodes claires et rigoureuses. C’est le meilleur moyen de rompre avec la gestion opaque et controversée du passé qui a créé ici des riches et non des richesses et enfanté en même temps une armée de laissés-pour-compte qui commence à donner de la voix, réclamant “sa part du gâteau“ et cédant par vengeance aux sirènes séparatistes. Il y a vraiment urgence à revoir le mode de répartition des richesses qu’il faut lisser sur l’ensemble des territoires du Sud, à remettre les gens sérieusement au travail et à normaliser les rapports de certaines populations locales avec les pouvoirs publics. Quelques expériences d’investissement productif commencent à voir le jour ici et là. Mais elles restent très insuffisantes par rapport aux besoins en termes d’emplois. D’où la nécessité d’encourager le capital marocain à aller s’installer au Sahara où le potentiel de développement ne manque guère pour y créer une véritable dynamique économique. C’est là un devoir national.

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