Éditorial : Grande minorité

L’histoire récente des communales est en train de se répéter avant les élections du bureau de la Chambre des conseillers. La majorité gouvernementale n’arrive pas à rouler normalement sur la route de la logique démocratique. Depuis l’élection du tiers sortant, les appétits des partis politiques se sont aiguisés pour occuper les fauteuils de la présidence et du bureau de la deuxième Chambre. Comme la donne du tirage au sort et des dernières communales a chamboulé les rapports de force, chaque pôle essaye de se repositionner sur l’échiquier pour en tirer un maximum de profit. Cela aurait été tout à fait normal si le poste tellement convoité de président de la Chambre des conseillers n’avait été tenu jusqu’ici par un conseiller RNI de la majorité. Or les élus de la Mouvance populaire estiment que ce poste leur revient de facto pour avoir remporté une majorité confortable. Abdelkebir Berqia du MNP est en lice au nom de ce mouvement et compte camper dans une candidature qu’il considère comme légitime. Personne ne le contredira. Comme l’Istiqlalien Abdelhak Tazi continue d’estimer qu’il est de son droit de se présenter même s’il n’a pas encore déposé officiellement sa candidature. Petit détail, Tazi laisse entendre qu’il pourrait le faire à la dernière minute même si certains affirment qu’il n’est pas soutenu par son parti. Certaines mauvaises langues vont jusqu’à justifier ce lâchage pour une position protocolaire du président qui aurait dérangé Abbas El Fassi. Un peu méchant mais certainement pas vrai. Ce qui l’est par contre, c’est que le Premier ministre Driss Jettou peine encore à huiler les mécanismes de sa majorité. Il a certes déployé beaucoup d’efforts pour éviter la débandade des Communales, mais il semble qu’il n’y soit pas encore arrivé en attendant un troisième round. Comme le président sortant Mustapha Oukacha (RNI) fait partie de cette majorité gouvernementale ou de la plus grande minorité, c’est selon, il est normal que Jettou demande à «sa» majorité de le cautionner. Mais, jusqu’à preuve du contraire, il faudrait plus pour que des partis qui ont déclenché une guerre fratricide lors des communales puissent suivre un gouvernement en mal de confiance. Un constat que l’on appelle, ailleurs, sans dramatiser, une crise politique comme c’est le cas en Italie ou en France sans que cela n’ébranle les intérêts bien évidents des sous-fifres du Premier ministre. Des journalistes en l’occurrence qui confondent «l’essentiel» avec l’argent et le «superflu» avec toute critique envers leur pourvoyeur de fonds. C’est la vérité d’une certaine presse qui, craignant pour ses privilèges, a voulu sacraliser un Premier ministre en tombant dans une hystérie totale. L’argent fait le bonheur sauf qu’en France par exemple, tout le monde réclame le départ de Raffarin sans que cela ne soit qualifié de « tirs croisés » ou de « cabale » contre le Premier ministre. Petit détail : Raffarin n’a jamais fait de briefing dans un journal avant de devenir Premier ministre. C’est pour cela que l’on comprend aisément la crise d’hystérie de ce directeur de la publication, éditorialiste et détenteur de la  » vérité » qui a peur de perdre la confiance de son bailleur de fonds.

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