Éditorial : Gravissime

L’arrestation et les enquêtes ouvertes à l’encontre de plus d’une dizaine de militaires et de sympathisants intégristes à la suite de l’interception de l’opération de fourniture de matériels militaires détournés par un soldat de la base de Taza à des milieux intégristes, selon les premières indications, posent un grave problème de sécurité nationale. Au Maroc, jusqu’à présent, heureusement, les réglementations sur les armes à feu et leur trafic, quelle que soit sa nature, sont très rigoureuses. Et chaque fois qu’un cas de détention d’armes, dans les milieux du grand banditisme ou de trafic de stupéfiants, les services de sécurité et la justice ont été implacables. Et, de manière générale, les délits de détention ou de trafic d’armes à feu sont notoirement rares, en comparaison avec des cas de prolifération dans des pays africains similaires au nôtre.
Même si, épisodiquement, telle ou telle filière subversive a été tentée de faire du territoire national un lieu de transit pour des trafics d’armes, notamment en direction des groupes activistes algériens, la vigilance et la surveillance aux frontières, de la part des services spécialisés comme de la part des populations en général, a toujours été de mise et payante.
Cependant, ces derniers temps, à la faveur du démantèlement, sur le territoire national, de groupes de fanatiques criminalisés, les forces nationales de sécurité ont souvent été amenées à confisquer des armes blanches dangereuses utilisées par ces groupes dans des expéditions punitives, telles les épées et les sabres qui font partie, en quelque sorte, du trousseau du parfait activiste fanatique. Une sorte de colifichet, qui au-delà de sa dangerosité, rappelle davantage un certain fétichisme salafiste qui pourrait prêter au sourire s’il n’avait déjà endeuillé des familles et terrorisé des dizaines de femmes et d’hommes dans nos cités.
Mais, là où on n’a pas du tout envie ni de sourire, ni de rire, c’est lorsqu’on se met à imaginer la portée d’un acte aussi dangereux que celui que vient de perpétrer le jeune soldat de la caserne de Taza qui a quitté son lieu d’affectation, avec une brassée de fusils-mitrailleurs et un barda de munitions opérationnelles, pour aller les livrer à ses commanditaires. On imagine, bien entendu, que cet arsenal n’avait pas pour but de se faire prendre en photos pour épater les copains ou pour se présenter comme candidats à la figuration dans un film de guerre, avec les accessoires de situation comme arguments au casting.
Les premiers éléments des enquêtes en cours font un lien entre cette entreprise, visiblement et follement téméraire, et la tentation terroriste qui couve un peu partout dans le monde et contre laquelle notre pays ne peut en aucun cas être immunisé. En attendant, les services de sécurité nationaux, et notamment ceux de l’armée, en le cas d’espèce, savent que les citoyens ont besoin d’être rassurés sur leur sécurité et leur quiétude. Nous aspirons encore et toujours à ce que l’actualité dans notre pays ne soit jamais ensanglantée à cause d’une quelconque faille dans le contrôle de la circulation et de la détention des armes à feu ou d’équipements d’origine militaire.

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