Éditorial : Inacceptable

Le deuxième plan Baker, version revue et corrigée par des erreurs grossières, est un cocktail explosif, de l’accord cadre et du plan de règlement axé sur le référendum, qui menace sérieusement la souveraineté marocaine. C’est le moins que l’on puisse dire quand on lit avec minutie le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU sur ce dossier. Outre un penchant largement dévoilé pour les thèses algériennes et polisariennes, Koffi Anan s’est même permis le luxe de parler sur un ton ferme, voire menaçant à l’encontre du Maroc. Il est vrai qu’il reproduisait les conclusions de son envoyé spécial, James Baker, mais il en rajoute assez pour travestir la neutralité d’un responsable de l’ONU. Ce qui est encore plus grave c’est que notre ami américain James Baker a enfoncé le clou dans la plaie, pour concocter un plan qui donne tout au Polisario et prive le Maroc de  ses droits légitimes. Comment en est-on arrivé à ce seuil où le secrétaire général de l’ONU puisse demander au Conseil de sécurité d’imposer un plan sans se soucier de l’assentiment des Marocains ? Assurément notre pays a fait trop de concessions au fil des ans pour qu’il se retrouve dans une situation aussi délicate. L’option référendaire initiale est assurément plus rassurante qu’une autonomie dangereuse de quatre ans  qui débouche sur un référendum.
Autrement on accorde aux Polisariens toute latitude de préparer le terrain sur une période de quatre ans pour faire pencher la balance en leur faveur. Pendant que l’autorité marocaine se trouverait loin de son territoire pour  s’occuper uniquement de la défense extérieure du Sahara marocain, les séparatistes auront investi tout le champ politique, économique et social. Il faut se rendre à l’évidence, en quatre ans campagne  électorale soutenue dans un vide juridique absolu, le jeu des influences devient trop facile. Surtout quand l’autorité autonome dispose de tous les moyens financiers, logistiques et d’infrastructures édifiés par un esprit de sacrifice et de solidarité de tous les Marocains  depuis vingt sept ans. C’est d’autant plus insensé et inadmissible que le plan Baker sera appliqué avec une clause obligatoire qui ne tient pas compte ni des liens  historiques, géographiques et d’allégeance reconnus par la Cour internationale de justice. Le moins que l’on puisse dire c’est que nos amis américains nous ont lâché en nous offrant une épine à la place d’une fleur pour plus de deux cents ans d’amitié et de solidarité. Malgré toutes ces concessions, l’Algérie et le Polisario réclament davantage de doléances pour faire main basse sur le Sahara marocain. Dans leurs rapports respectifs qui se ressemblent comme une goutte d’eau avec une petite  différence de style, l’Algérie et le Polisario veulent destituer le Maroc de toutes ses prérogatives de souveraineté. Ils poussent l’effronterie jusqu’à demander que l’ONU assume son autorité  sur le territoire à la place du Maroc  pendant l’année qui sépare la signature de l’accord avec l’élection de l’autorité autonome. Ce n’est pas trop demander quand on  ne possède rien, encore faut-il que l’ONU et James Baker sachent qu’un accord de cette envergure a besoin d’une ratification du Parlement marocain. Notre pays vit dans une démocratie contrairement à la junte algérienne et la bande du Polisario.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *