Éditorial : Informer et sensibiliser

Le monde célèbre aujourd’hui la Journée mondiale de la femme. Une occasion pour tous les pays du Globe de se pencher sur les pas qu’ils ont franchis sur la voie de l’élimination de toutes les formes de discrimination de la femme.
Initiée par les Nations unies, l’idée de célébrer une Journée internationale de la femme, fête aujourd’hui son trentième anniversaire. En effet, c’est en 1975 que cette organisation internationale avait appelé, pour la première fois, à faire du 8 mars un rendez-vous annuel pour réfléchir sur les moyens à même de promouvoir toutes initiatives ayant pour but la création de conditions favorables à l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et à oeuvrer pour leur pleine et égale participation au développement social de leurs pays respectifs.
Aujourd’hui, trente ans après, le monde a certes évolué et la situation des femmes a sans doute énormément changé dans la plupart des pays du monde. Mais, il faut reconnaître qu’il reste néanmoins des régions du Globe où la femme continue à souffrir de toutes formes de discrimination et de marginalisation. Dans certains pays du monde arabe, la femme continue à être reléguée à l’arrière-plan de la société. En Arabie saoudite, par exemple, la femme n’a pas encore réussi à s’émanciper et à s’épanouir. Ses droits les plus élémentaires sont toujours bafoués. Elle ne joue aucun rôle politique. Elle ne peut pas aspirer à participer à la gestion des affaires publiques et ne peut toujours pas se libérer de l’embargo décrété par le système politico-religieux de ce pays sur son identité en tant que femme. Pire, elle n’a pas encore réussi à obtenir un droit aussi simple et banal que celui de conduire une voiture ou même de voir sa photo affichée sur son passeport.
Au Maroc, la célébration de cette journée coïncide avec le premier anniversaire de l’entrée en vigueur du nouveau Code de la famille. Un texte de loi qui a mis fin à presque cinquante ans de discrimination de la femme qui, sous l’ancienne Moudawana, n’était qu’un membre de la famille soumis lui-aussi à la tutelle de l’homme.
Aujourd’hui, la femme marocaine est considérée au vu de la loi comme un partenaire à part entière de son époux dans la gestion des affaires familiales. Une fois majeure, elle n’est plus sous la tutelle de personne et peut disposer de son destin en toute liberté. Mais, si les réformes juridiques ont rétabli la justice et redonné à la femme sa liberté, dans la pratique, il reste beaucoup à faire. Car, pour faire prévaloir ses droits, même s’ils sont garantis par la loi, il faut d’abord commencer par les connaître et les assimiler.
Une femme qui ne connaît pas ses droits ne peut jamais en bénéficier. Ainsi, après l’adoption du nouveau Code de la famille, l’étape suivante devrait être celle de la vulgarisation de ses différents articles afin de sensibiliser les femmes sur les droits qu’ils ont acquis grâce à la réforme de la Moudawana.

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