Éditorial : Interconnexions

Même si certains esprits nihilistes ont essayé de donner aux attentats du 16 mai une connotation explosive exclusivement locale, les révélations répétitives de l’enquête ont complètement faussé leurs velléités destructrices. La piste étrangère avec ses interconnexions au terrorisme international s’avère de plus en plus évidente. Elle est démontrée et prouvée par les faits concrets et les aveux des intégristes incriminés. Face à cette réalité, qui ne répond pas aux désirs de ce groupuscule en mal des maux fictifs de leur pays, ces propos sont tombés dans la poubelle de l’histoire.
Exactement comme leurs écrits hallucinants sur la cellule dormante d’Al-Qaïda qu’ils ont attribué, avec une indécence inouïe, à une invention des services de sécurité. Quel sens aigu d’investigation qui outrepasse celui des policiers pour verser inéluctablement dans le ridicule ! Un ridicule qui ne les a pas tués. Mais les défenseurs d’une thèse aussi farfelue ont fini par se dégonfler pour admettre en catimini leur bavure et leur excès de zèle contre tout ce qui émane de l’Etat. La folie des grandeurs, une maladie trop avancée, a fini par les rendre amnésiques. D’autant plus que les arrestations au Maroc et à l’étranger ont démontré le lien étroit qui existe entre les commanditaires des attentats et des troupes salafistes très proches d’Al Qaïda. La dernière prise de taille est celle intervenue récemment à Milan en Italie.
Six intégristes, dont l’imam Marocain Mohamed El Mahfoudi, sont accusés d’avoir fourni un soutien logistique, des fonds et autres aides à l’immigration clandestine et la falsification de passeports. Comme par hasard, le Marocain El Mahfoudi a eu une communication téléphonique compromettante avec l’un de ses proches au Maroc, le soir-même du 16 mai ( voir transcription ci-jointe). La police italienne a procédé à des écoutes qui lui ont permis d’établir un lien entre l’Imam marocain et Ramzi Binalshibh, l’un des colocataires de Mohamed Atta considéré comme le chef des kamikazes de 11 septembre. Si la police italienne n’est pas accusée d’avoir inventé cette interconnexion comme l’ont fait chez nous les détectives privés en herbe dans l’affaire de la cellule dormante, il est clair que le puzzle du terrorisme international a été reconstitué dans les attentats de Casablanca. Pis encore, la piste algérienne est tout aussi confirmée par les policiers italiens qui ont révélé l’aide accordée par l’imam marocain et ses acolytes au Groupe salafiste algérien (GSPC).
Le rapprochement est facile quand on sait que le terroriste Damir du groupe Fikri a révélé que les Algériens du GIA effectuaient des visites fréquentes à Casablanca. Ils comptaient même s’installer au Maroc et c’est l’avocat Ahmed Filali Azmir qui les recevait chez lui par le biais de l’un de ses proches résidant en Suède. C’est dire que la tentacule terroriste s’étend loin de Sidi Moumen pour traverser Milan, Londres, Hambourg avec comme dénominateur commun :  l’Afghanistan. La cellule dormante d’Al Qaïda n’est pas loin puisque l’un des témoins de ce procès a été arrêté récemment dans l’affaire des attentats de Casablanca. La boucle n’est pas encore bouclée.

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