Éditorial : Investisseur virtuel

L’ombre de doute et d’ambiguïté qui planait sur le Palais de Roses d’Agadir et autres projets touristiques engagés par Dellah baraka, s’est dissipée avec le limogeage du son représentant Azzeddine Lakhouaja. Le président du groupe saoudien , le Cheikh Salah Abdallah Kamel, a fini par découvrir que son associé au Maroc a abusé de sa confiance comme il le dit formellement dans sa lettre de séparation à l’amiable qu’il a adressée à Lakhouaja le 30 octobre dernier. Cette missive du Cheikh remet les pendules à l’heure et rend justice à tous les professionnels qui ont pâti des agissements et des atermoiements douteux de Lakhouaja. C’est presque une confession d’un homme qui reste respectueux et digne même quand il est trahi par une adversité déloyale. Cette lettre a le mérite de dévoiler les multiples facettes cachées d’un homme ambigu qui aura beaucoup plus investi dans l’affairisme malsain que dans les fonds propres. D’un autre côté le Cheikh Kamel découvre que son représentant et associé a beaucoup nui à plusieurs fournisseurs dont il n’a pas payé les factures à ce jour. Une situation désastreuse pour ces entreprises dont certaines ont été acculées à déclarer faillite faute d’avoir recouvert leurs créances dues par le Palais des Roses. On sent le Cheikh sincèrement consterné par les dommages subis par ces fournisseurs à travers les termes de la lettre qui démontre qu’il ignorait tout de leurs malheurs. Ce qui est encore plus noble, c’est que les chefs d’entreprises marocains se sont plaints, auparavant, auprès du Cheikh tout en exaltant ses qualités d’homme intègre et bienfaisant. Il faut reconnaître que l’homme d’affaires saoudien est devancé par son excellente réputation à travers le monde. Les Marocains, pouvoirs publics et entreprises privées, ne se seraient pas lancés dans ces grands projets avec lui s’ils avaient le moindre doute sur sa probité. Le Cheikh Saleh Abdallah vient de démonter par le limogeage de Lakhouaja et surtout par les termes de sa lettre envers toutes les victimes qu’il mérite la confiance des Marocains. Néanmoins, cet homme d’affaires d’envergure devrait bien choisir ses hommes pour ne pas tomber sur des escrocs qui terniraient l’image de son groupe et de sa personne. Maintenant que les agissements de son représentant sont mis à nu, il faudrait remédier à la situation critique des entreprises marocaines en leur payant leurs dus. Les responsables du groupe Dellah Al Baraka devraient en faire leur priorité quand on sait que ces fournisseurs lésés ont fait montre d’une patience et d’une courtoisie extraordinaires envers le Cheikh. Quant aux pouvoirs publics, ils devront dorénavant éviter de tomber dans le piège d’un pseudo investisseur qui investit avec l’argent empruntés à des banques marocaines en bénéficiant d’une multitude d’avantages fonciers et fiscaux. Il est curieux tout de même que l’on attribue du crédit moral et matériel à un homme qui n’honore même pas ses dettes personnelles envers son associé.

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