Éditorial : La CNSS en otage

C’est de nouveau la crise à la CNSS. Après une période d’accalmie, les querelles syndicales, qui ont depuis toujours rythmé l’existence de cet établissement, ont repris de plus belle. La Fédération nationale des employés de la Caisse affiliée à l’UMT a lancé dans un communiqué un mot d’ordre de grève pour le mercredi 19 janvier dans les agences et autres directions de la Caisse à Casablanca et Mohammedia.
Cette décision est prise officiellement à cause des “abus de la direction générale de la CNSS qui ont conduit au suicide de notre frère El Harti“. Celui-ci, chef comptable à la CNSS depuis plusieurs décennies, aurait été contraint selon l’UMT au départ volontaire. Ce qui l’aurait poussé à mettre fin à ses jours. Il convient juste de noter que cette grève coïncide avec un autre communiqué de “félicitation“, faisant état de l’inauguration des nouveaux locaux de la fédération de l’UGTM au sein de la CNSS, dirigée par Mustapha Khlafa, un ancien cadre de l’UMT qui a rejoint en décembre 2003 la centrale de Abderazzak Afilal. Chose qui a été mal prise par sa maison initiale pour des raisons évidentes de rivalité avec l’UGTM.
En montant en épingle cette affaire de suicide, le syndicat de Mahjoub Benseddik répond-il à l’implantation du bureau de l’UGTM dans un organisme où il avait la haute main ? En tout cas, cet épisode relance de nouveau la guerre entre les deux centrales syndicales sur fond d’accusation du directeur général de la CNSS par les dirigeants de l’UMT de soutenir le nouveau bureau de M. Khlafa.
L’UMT ne dit pas les choses aussi crûment, elle utilise un langage moins direct et dénonce plutôt “l’interventionnisme flagrant du directeur général dans les affaires syndicales en tentant par divers moyens de diviser le personnel de la Caisse“. Mais le bras de fer entre l’UMT et Mounir Chraïbi ne fait aucun doute. Il tourne même à l’affrontement.
Cette situation de tension permanente montre que le climat à l’intérieur de la CNSS a du mal à être assaini. Bien au contraire. Ce qui s’y passe n’est pas dans l’intérêt ni de ses employés ni de ses affiliés. Tout un organisme social pris en otage à un moment où il est profondément engagé dans une politique de réforme dont le point le plus saillant concerne la gestion du chantier ambitieux de l’assurance maladie obligatoire (AMO).
Compte tenu de son rôle au service de la collectivité, la CNSS ne doit plus rester prisonnière de ces réflexes et méthodes du passé, qui ont mis à mal la gestion financière de l’établissement et contribué à altérer les rapports entre les partenaires sociaux.
La CNSS n’appartient à personne. C’est un organisme qui appartient à ses adhérents. Il faut donc que la direction générale, en collaboration avec tous les acteurs concernés, puisse poursuivre, loin de tout esprit de monopole, son travail de mise à niveau dans un climat de sérénité et de partenariat positif.

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