Éditorial : La dérive des ports marocains

Les ports marocains en général et le port de Casablanca en particulier sont confrontés à un véritable fléau : les clandestins. Ces derniers pénalisent les armateurs nationaux et étrangers. Pire, ils font peser une grave hypothèque sur les exportations marocaines. Le port de la capitale économique est devenu, le laxisme aidant, un repaire pour une armada de candidats au départ, subsahariens et marocains, qui arrivent à s’infiltrer dans les remorques, les containers et les cales des navires. Résultat : les marchandises convoyées arrivent en piteux état surtout lorsqu’il s’agit de produits périssables, causant ainsi des préjudices importants à l’exportateur marocain . Cette situation a entraîné également un renchérissement des polices d’assurance contractées par les opérateurs maritimes. L’hémorragie continue dans l’indifférence des responsables. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, un armateur national, dont le bateau assure la liaison Casa-Marseille, a fait les frais de ce problème épineux en transportant à son insu deux clandestins qui ont tenté de s’enfuir une fois le navire arrivé à destination. Or, l’affaire a tourné au vinaigre (voir ci-contre).
Les assauts répétés des clandestins contre l’armement national montre que le port de Casablanca n’est pas sécurisé. Non pas que la police n’effectue pas son travail. Bien au contraire. Avec les outils dont elle dispose, celle-ci fait ce qu’elle peut pour juguler le phénomène.
En fait, le problème ne concerne pas seulement les forces de l’ordre qui ne sauront, quels que soient les moyens déployés, faire le gendarme pour une trentaine de navires qui fréquentent chaque jour le port de Casablanca et contrôler des bateaux immenses qui dépassent en longueur les 100 mètres. En fait, le problème du port de Casablanca est complexe et requiert la mobilisation des pouvoirs publics et du ministère de tutelle. C’est un endroit immense et désordonné qui, en l’état actuel des choses, ressemble à une véritable passoire. D’où la nécessité de repenser l’ensemble de son organisation et de son fonctionnement. Là, réside la clé de l’affaire. Une des solutions pourrait être la réduction des portes d’accès ( N° 2, 3 et 4) en vue de diminuer les possibilités d’infiltration pour les clandestins. Quant au mur de clôture que les candidats au départ arrivent à escalader, il existe des moyens pour les maintenir en respect. Reste le port de pêche, ce grand point noir. Ce lieu est tout ce qu’il y a de perméable. N’importe qui peut y accéder facilement de jour comme de nuit. Sans oublier le visage offert par ce port qui évolue dans un décor de saleté et de pagaille indescriptibles. Les autorités portuaires s’accommodent depuis des années de cette situation répugnante qui n’a plus lieu d’être. L’ISPS code qui est en train d’être mis en place en vue de sécuriser le port de Casablanca participe justement de la mise à niveau des ports marocains en matière de sécurité. Si rien n’est fait à ce niveau-là, si les clandestins continuent à sévir, le risque est grand de voir le pavillon national devenir indésirable dans les ports étrangers et les ports marocains boycotter par l’armement extérieur . Est-ce l’objectif recherché ?

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