Éditorial : La dernière solution

C’est une formule intéressante susceptible de mettre fin au conflit factice du Sahara marocain que propose le président du gouvernement espagnol. José Luis Zapatero est partisan d’une solution négociée entre le Maroc et le polisario autour d’un pacte d’autonomie sous souveraineté marocaine qui serait solennellement scellé sous les auspices de quatre États : les Etats-Unis, la France, l’Espagne et l’Algérie.
De statut d’acteur principal du dossier, ce dernier pays, c’est l’une des nouveautés de l’arrangement, deviendrait parrain aux côtés des trois puissances en question.
Le quartette ainsi formé s’engagerait à soutenir cette solution et à la faire vivre par un effort de développement économique dans la région. La dernière étape de cet accord est l’organisation d’un référendum qui entérinerait l’option choisie : pour ou contre l’autonomie. En cas de refus, c’est le retour à la case départ, une perspective qu’aucune partie ne souhaite car porteuse d’immobilisme et d’instabilité. Telle est la teneur du plan Zapatero, fondé sur trois choses essentielles : la légitimité politique (accord entre le Maroc et le polisario), la légitimité internationale (la caution des puissances) et la légitimité populaire (le vote des populations concernées). Ces trois niveaux de validation du plan sont de nature à lui assurer toutes les conditions de succès.
À y regarder de plus près, cette formule, censée remplacer le mauvais plan Baker, est un marché honnête qui respecte parfaitement l’esprit de “ni vainqueur ni vaincu“. Chacun des protagonistes y trouve son compte dans une démarche positive. Mieux, le plan Zapatero est une invite qui leur est faite pour lâcher du lest, enterrer une fois pour toutes la hache de guerre larvée et à s’inscrire dans une logique de coopération régionale et régionalisée. L’Espagne, tout comme les Etats-Unis et la France, sont décidés plus que jamais à travailler dans ce sens. Le chassé-croisé diplomatique d’Alger où se sont rendus récemment les responsables français, espagnols et américains vise à convaincre Alger d’adhérer à une solution politique du dossier.
La balle est dans le camp algérien. Pour le moment, les officiels algériens, écartelés entre les pressions des puissances et leur soutien au polisario, entretiennent le flou autour de leur réponse sur cette nouvelle donne. Le président Abdelaziz Bouteflika II, sorti renforcé de la dernière présidentielle, devrait avoir normalement les coudées franches pour engager son pays sur la voie de la réconciliation et du développement régional. Et puis rien ne justifie plus le maintien de la tension au Maghreb longtemps handicapé par la persistance d’un faux-problème qui ne sert la cause de personne. L’heure n’est plus aux faux-fuyants ou aux tergiversations. L’Algérie est appelée à prendre résolument le parti de l’avenir. Et l’avenir est peint aux couleurs de l’entente et de la coopération.

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