Éditorial : La fondation de l’espoir

Une fondation de la Pensée arabe pour changer l’image du monde arabe. C’est l’objectif que s’est assignée cette fondation présidée par Khalid Faïçal Al Saoud et dont les membres sont des hommes d’affaires et des intellectuels issus de certains pays arabes.
Cette fondation, qui a tenu récemment une réunion à Rabat, se veut donc un instrument visant à modifier la perception que l’occident a du monde arabe. Une perception négative à plus d’un titre. Dès que le mot arabe est évoqué, il est automatiquement lié à tout ce qui est néfaste : terrorismes, obscurantisme, sous-développement et absence de démocratie. Cette image est alimentée par le comportement de nombre de régimes arabes dont les dirigeants se sont accaparés le pouvoir en régnant sans partage. Les opposants sont embastillés et les intellectuels corrompus. Cette dictature empêche tout simplement l’épanouissement de leurs peuples dans les domaines du savoir. Peu importe pour un tyran que son pays accède aux différents espaces de la modernité. Ce qui l’intéresse c’est comment rester longtemps au pouvoir et le transmettre ensuite à sa descendance. Cette situation se répercute aussi sur l’économie du pays concerné. Un État classé mauvais élève de la démocratie est jugé peu fréquentable par les capitaux internationaux. Cette sanction s’avère surtout pénalisante pour les pays sans ressources importantes comme la manne pétrolière.
Immense et beau défi de la fondation de la Pensée arabe. Immense car la mission de cette dernière n’a rien d’une sinécure. Il s’agit de faire un travail de longue haleine qui pour être efficace doit être soumis à une méthodologie rigoureuse avec un plan d’action clair et précis. Il ne suffit pas de se réunir en conclave et faire des discours savants pour faire changer la réalité désastreuse du monde arabe. Le mal est trop profond pour l’extirper facilement. Beau car il est l’expression d’une prise de conscience des dangers qui guettent le monde arabe en termes de démocratie et développement où le retard accusé est de plus en plus considérable. Un retard qu’il faut du moins réduire pour espérer s’en sortir et permettre aux générations futures de vivre dans un monde (arabe) meilleur qu’il ne l’est aujourd’hui.
Certes, la fondation peut jouer un rôle non négligeable dans l’amélioration de l’image du monde arabe dans le reste du monde. Mais il appartient d’abord aux gouvernements des États arabes d’amorcer leur mue dans le sens qui favoriserait une véritable émancipation de leurs peuples. Ceci passe irrémédiablement par l’instauration de la démocratie, qui est l’alpha et l’oméga du développement, de l’ouverture et de la prospérité. Faute de quoi, le monde arabe aura du mal à être regardé autrement qu’une communauté qui produit des clichés et des maux. La démocratie n’est pas un luxe. C’est une nécessite historique. Si les dirigeants arabes ne changent pas, d’autres se chargeront de le faire à leur place avec tout que cela suppose comme conséquences dramatiques sur les populations. L’exemple de l’Irak, à cet égard, est édifiant.

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