Éditorial : la loi du plus fort

Éditorial : la loi du plus fort

Un air de guerre flotte de nouveau sur le Proche-Orient. Après les bombardements israéliens de la Bande de Gaza suite à l’enlèvement d’un caporal du Tsahal toujours en captivité, voilà que l’État hébreu ouvre un deuxième front dans le Sud Liban après la capture par le Hezbollah de deux de ses soldats. Là aussi, l’armée israélienne a riposté  en attaquant à l’artillerie lourde plusieurs localités et infrastructures dont l’aéroport de Beyrouth. On peut bien sûr gloser sur la responsabilité, avérée ou supposée, de l’Iran et de la Syrie dans cette nouvelle escalade de violence. L’une pour faire diversion par rapport à la crise qui entoure son projet nucléaire et l’autre pour déstabiliser un pays qu’elle a longtemps mis sous tutelle avant de le quitter sous la pression internationale. Mais l’usage disproportionné de la force par Tel-Aviv en guise de réponse à ce qu’elle considère comme des actes de provocation ne se justifie nullement. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert s’est avéré plus sanguinaire que son prédécesseur Ariel Sharon et le Hamas a commis l’erreur fatale de se présenter aux élections et de les gagner, quittant ainsi son rôle de contre-pouvoir dans l’on ne sait quel objectif. Une chose est sûre : le Hamas aux affaires n’a pas réussi à la Palestine dont le président est de plus en plus impuissant face à une situation devenue incontrôlable. 
L’avènement au pouvoir de Ismaïl Haniyeh et ses amis n’a eu comme conséquence que de déchirer le peuple palestinien qui est au bord de la guerre civile et à accentuer sa précarisation à cause de la suspension de l’aide internationale. Si le Hamas a enlevé le soldat israélien c’était certainement dans l’espoir de desserrer l’étau sur lui par la provocation d’une confrontation directe avec l’occupant. Le conflit est en train de dégénérer avec le risque d’une guerre dans la région.
George W. Bush n’a rien trouvé de mieux, après l’agression israélienne contre le Sud Liban, que d’affirmer depuis l’Allemagne qu’Israël a le droit de se défendre. Et les Palestiniens, eux, ne sont-ils bons qu’à tomber comme des mouches sous les balles et les bombardements israéliens ? Ce n’est pas étonnant de la part d’un homme qui a enfoncé l’Irak dans le chaos et les carnages. Quant à la communauté internationale, cela fait longtemps qu’elle a pris l’habitude de débiter des formules d’impuissance à chaque fois qu’il s’agit de la crise au Proche-Orient. L’ONU, elle, n’a jamais été crédible sur ce dossier donnant l’impression de se ranger du côté israélien là où il aurait fallu qu’elle intervienne pour protéger la population palestinienne. Quant aux pays arabes, ils n’ont à leur portée que les communiqués de condamnation rendus publics à l’issue des réunions de la Ligue arabe. Indifférence, hypocrisie et jeu de dupes. À chaque fois que le processus de paix avance, il reçoit des coups de poignard à cause des extrémistes des deux bords. Du sang et des larmes.

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