Éditorial : La nouvelle marche

La commémoration du trentième anniversaire de la Marche Verte sera associée dans les annales de la transition démocratique et l’édification d’un Etat moderne au Maroc à deux grandes décisions politiques annoncées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans un discours adressé, dimanche, à la nation.
La première concerne l’affaire du Sahara. Dans son discours, le Souverain a d’abord rappelé la position du Maroc concernant ce dossier, à savoir l’attachement ferme et immuable à la souveraineté du Royaume sur ses provinces du sud. Dans le cadre du respect de ce principe, toute solution qui pourrait permettre le déblocage de la situation pourrait être étudiée et négociée. La solution politique proposée par le Maroc aux Nations Unies reste l’unique voie viable pour mettre un terme à un conflit artificiel qui perdure depuis trois décennies. Il s’agit de la voie de l’autonomie élargie pour les provinces du sud sous la souveraineté du Royaume qui devrait être négociée dans le cadre de l’ONU.
Et pour permettre à cette voie de solution de bénéficier de toutes les garanties nécessaires à sa viabilité, le Souverain a annoncé que la formule qui sera adoptée pour ladite autonomie fera l’objet de consultations élargies aux différentes composantes du champ politique national. La consultation concernera aussi les populations et les élus des provinces sahariennes ainsi que les chefs de tribus sahraouies qui devront s’exprimer sur le projet d’autonomie qui est proposé par le Maroc. Il s’agit là d’une révolution dans la gestion du dossier du Sahara. Certes, l’intégrité territoriale du Maroc a toujours fait l’unanimité de la classe politique et du peuple marocain, mais, pour la première fois en trente ans, le dossier fera l’objet d’une concertation générale des forces politiques qui devront s’exprimer sur le plan de solution proposé par le gouvernement.
La deuxième décision historique que le Souverain a annoncée à l’occasion de la commémoration de la Marche Verte est celle de donner aux Marocains résidant à l’étranger le droit de participer activement et directement à la vie politique nationale.
Les RME récupèrent ainsi le droit de vote et d’éligibilité qu’ils avaient perdu durant les deux dernières législatures. SM le Roi répond ainsi favorablement à l’une des principales revendications des communautés marocaines à l’étranger qui aspirent à jouer un rôle important dans la gestion des affaires publiques de leur pays d’origine. Le Souverain a aussi annoncé la création prochainement d’une haute instance chargée des affaires des RME qui devra se pencher sur les dossiers de cette frange du peuple marocain.
Ainsi, le discours de la Marche Verte a donné une nouvelle impulsion au processus de démocratisation et de modernisation du Royaume.

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