Éditorial : La piste marocaine

Le Groupe islamiste des Combattants marocains (GICM). Cette organisation mystérieuse ( en arabe, Al Jamaâ Al Maghribia Al Moukatila) est aujourd’hui la cible des enquêteurs espagnols, belges et français. Elle est soupçonnée d’être derrière les attentats terroristes de Casablanca et de Madrid.
L’affaire est relancée par le coup de filet de la police hexagonale dans des milieux islamistes en région parisienne. Au terme de cette opération menée lundi matin sur commission rogatoire des juges anti-terroristes français, 15 personnes, dont neuf femmes, ont été interpellées. Certaines d’entre elles sont soupçonnées d’entretenir des liens avec le GICM et les auteurs du massacre de Casablanca. Ces arrestations sont assurément le fruit de la collaboration active des services de sécurité marocains et européens. Une collaboration qui avait fait défaut suite aux attaques de Casablanca.
Selon Mohamed Darif, le responsable de ce groupuscule, constitué de “Marocains afghans“, est Abdelkrim Thami Mejjati, toujours en fuite. Classé comme organisation terroriste par Washington, le GICM, dont les membres ont suivi des entraînements dans les camps d’Afghanistan, serait lié à Al Qaïda d’Oussama Ben Laden qui lui fournirait des soutiens logistiques en lui indiquant les objectifs à frapper. Mais pour le moment, les commanditaires des attaques de Casablanca et de Madrid ne sont pas connus. Certains soupçonnent le Jordanien Abou Mousab Al Zarqaoui, dont la tête a été mise à prix par les Américains, d’être le donneur d’ordre de ces deux opérations.
Les polices européennes sont pour le moment sur la piste de ce mouvement qui pourrait passer encore à l’action. Les intégristes ne sont pas près de disparaître. Les ramifications complexes de leurs réseaux et la diversité des filières qu’ils empruntent rendent difficile la lutte antiterroriste.
Les ressortissants marocains sont en première ligne dans cette affaire. Ils forment apparemment une nébuleuse d’agents dormants qui a des connexions au Maroc et dans les pays d’Europe. Qu’ils soient embrigadés sous le sigle GICM ou une autre appellation, ces activistes qui poursuivent le même objectif, une fois réactivés, sèment la mort au nom du Jihad dans les sociétés jugées impies. Prêts à tout y compris de mourir, les terroristes ne reculent devant rien pour exécuter leur “devoir“.
C’est dire le danger que font peser sur le monde ces criminels qui n’ont pas en fait de nationalité. Des criminels invisibles d’autant plus dangereux qu’ils peuvent frapper n’importe où et n’importe quand. Ces “messagers” de la mort violente, qui alimentent en permanence l’internationale terroriste, sont légion. Ils existent partout dans le monde, disposés à répandre la terreur et la désolation. La répression est-elle suffisante pour venir à bout de ce fléau ?

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