Éditorial : La sécurité autrement

L’anniversaire de la Sûreté nationale de cette année coïncide avec les tragiques événements de Casablanca qui ont eu lieu le 16 mai 2003. Cette fête a été assombrie par ces attaques terroristes qui ont traumatisé l’ensemble du pays.
Le métier de policier a connu un grand tournant depuis que cette barbarie auquelle ce corps a payé un lourd tribut. Un cadre de la police est mort dans l’exercice de ses fonctions lors de l’assaut donné pour démanteler il y a quelques mois un réseau salafiste dans la périphérie de Fès et d’autres ont été blessés par les sabres des terroristes dans les opérations de Berrechid et de Sid Al Khadir à Casablanca.
Depuis que le danger terroriste s’est abattu sur le Maroc, les forces de l’ordre se sont retrouvées par la force des choses en première ligne de la lutte antiterroriste. Une lutte où elles ont montré une grande vigilance et un courage remarquable en faisant pour la première fois de l’histoire de la police marocaine usage de leurs armes à feu en guise de légitime défense contre les menées de ces assassins de troisième type, prêts à tout y compris de mourir, pensent-ils, en martyrs. Voire…
Les policiers sont disposés à sacrifier leur vie pour protéger celle des citoyens. C’est ce qu’ils ont montré à chaque fois qu’ils étaient confrontés aux bandes de la Salafia Jihadia. Sauver des vies humaines et préserver la stabilité est un acte inestimable qui vaut tous les sacrifices. Mais les femmes et les hommes en charge de la sécurité des personnes et des biens, notamment ceux qui se coltinent la réalité de tous les jours en étant présents sur le terrain sont en droit d’attendre en retour une amélioration de leur situation aussi bien matérielle que morale qui soit à la hauteur des risques pris et des sacrifices accomplis. En un mot, les intéressés doivent d’abord se sentir en sécurité pour pouvoir accomplir leur travail dans de bonnes conditions et en toute confiance.
Il ne faut pas que le fait que le policier, qui est mobilisable à tout moment le jour comme la nuit, les jours de fête, les week-end et les jours ouvrables, n’ait pas le droit de se syndiquer agisse comme un facteur pénalisant. Les policiers ont en effet longtemps souffert de cette situation, se plaignant en privé de ne pas disposer d’une instance qui défende leurs intérêts légitimes. C’est à l’État d’être l’avocat de cette catégorie spécifique qu’il convient de doter d’un statut qui soit conforme aux obligations de ses membres et aux dangers auxquels ils s’exposent.
Et puis, les nouveaux défis sécuritaires du pays appellent normalement une approche différente de l’action policière dont le maître-mot doit être professionnalisation, motivation et efficacité. Il s’agit de conjuguer ces trois paramètres pour donner naissance à une police citoyenne, imposante et efficiente. Cela suppose bien entendu des moyens appropriés et surtout une politique de réforme ambitieuse qui met la sécurité au coeur des préoccupations des pouvoirs publics.

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