Éditorial : La voix de son maître

La sortie hasardeuse de Kofi Annan sur le Sahara marocain risque d’avoir des conséquences fâcheuses sur la solution d’un conflit préfabriqué. Le secrétaire général de l’ONU s’est départi, comme par enchantement, de la neutralité que lui confère sa fonction, pour s’ériger en juge et partie. Une dérive et un dérapage qui surprennent de la part d’un homme qui a été justement reconduit dans on poste pour sa docilité et son manque de personnalité. Il ne faut pas donc s’étonner que la planète ait connu, au courant de ses deux mandats, une multitude de tragédies et de dérives mondiales. On aurait aimé que le courage déplacé dont fait preuve Annan au sujet de notre cause nationale eût été exprimé en son temps à propos des injustices que l’ONU a parrainé à travers un silence coupable. A sa place, un secrétaire général digne de ce nom aurait démissionné pour sauver la dignité d’un poste aussi sensible que celui qu’il occupe. L’invasion de l’Irak par les Américains dans des conditions méprisantes pour l’ONU , aurait, à elle seule, poussé Annan à se rebeller contre l’injustice. Mais l’Africain a eu du mal à se séparer de son luxueux fauteuil qui domine le monde même s’il n’est pas le justicier qu’il devait être. Autrement, le secrétaire général de l’ONU, qui ne peut certes rien contre les USA, aurait eu au moins le courage de condamner une invasion injustifiée. Il aurait été ovationné par ses pairs africains et la majorité des pays de la terre comme l’a été salué le courage du président Chirac et du chancelier Schroder de par le monde. Il est de notre droit, nous Marocains, de nous demander pourquoi kofi Annan a essayé d’imposer au Maroc une résolution qui ne relève pas des prérogatives de l’ONU. Tout le monde l’aurait applaudi s’il avait réussi à rassembler le Conseil de sécurité sur la nécessité d’arrêter l’hégémonisme des Américains sur le monde. A sa place, beaucoup de gens sensés auraient réfléchi mille fois avant d’«exhorter» aussi fermement le Maroc à accepter un plan de paix qui touche à son intégrité territoriale. On se demande, à juste raison, pourquoi il n’a pu imposer à Israël une résolution qui lui interdit d’attaquer ses voisins comme il l’avait fait avec les Syriens. Bien plus, le Ghanéen aurait marqué l’histoire de l’ONU s’il avait eu l’audace d’appliquer une seule résolution de l’ONU à Israël qui n’a jamais obtempéré depuis l’occupation de la Palestine en 1948. Il est vrai que kofi, le gentil et le docile, ne peut résister à des pressions de lobbies aussi puissants. Dans le cas du Sahara marocain, il a voulu faire du zèle en se prenant pour le président du monde jusqu’à friser le ridicule. Jusqu’à preuve du contraire , l’ONU n’est pas un tribunal pour juger un pays fort de son droit légitime. Annan n’est pas un magistrat au Tribunal Pénal International pour prononcer une sentence. Il est un simple fonctionnaire d’une institution qui a été ridiculisée et «confortée» dans son rôle de «machin». Notre ami l’Africain pourrait encore sauver la face en appliquant son rapport n° s/2002/178 du 19 février 2002 qui stipulait quatre options de solution au conflit du Sahara marocain. La meilleure pour lui est celle qui préconise le retrait de l’ONU de cette affaire préfabriquée par une Algérie qui préfère l’option de la partition du Sahara marocain. C’est là le noeud du problème.

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