Éditorial : L’affaire Taoujni

Les responsables algériens sont dans leurs petits souliers. En refoulant, samedi 25 juin,  vers Rome après un interrogatoire digne des pays totalitaires une délégation de journalistes marocains emmenée par le président de l’"Association Le Sahara Marocain“ (ASM) Mohamed Réda Taoujni, ils ont confirmé ce que l’on savait déjà depuis longtemps. Les camps de Tindouf, que cette délégation voulait visiter après l’accord donné pourtant par le chef du Polisario, sont gérés directement par Alger et Abdelaziz El Marrakchi n’est qu’une marionnette entre les mains de ses créateurs. Il n’a de pouvoir que celui que ses maîtres veulent bien lui donner. M. Taoujni et ses compagnons ont vécu de la part des différents corps de la sécurité algérienne un très mauvais quart d’heure à l’aéroport d’Alger. Intimidations, insultes, obscénités, menaces. Pas même une gorgée d’eau. La panoplie intégrale. La presse locale, elle, a fait preuve sur cette histoire d’une discipline très admirative. Pas une ligne. Bel exemple d’indépendance et de confraternité !
Ce qu’il vient désormais d’appeler l’affaire Taoujni a le mérite de révéler au grand jour une vérité de taille. Les journalistes qui n’ont pas l’imprimatur du palais d’El Mouradia sont indésirables à Tindouf. En effet, il faut montrer patte blanche, être sensible aux divers arguments de la bande à Abdelaziz et de ses sponsors, pour avoir accès aux camps de la misère. On se rappelle à cet effet la mésaventure de “Tintin à Tindouf“, Ali Lmrabet pour ne pas le nommer, qui n’a eu le privilège de s’y rendre que pour en rapporter des contre-vérités flagrantes qui abondent dans le sens des gardiens du mirage polisarien. Des contre-vérités du genre, les Sahraouis des camps sont libres de leurs mouvements pour accréditer l’idée fausse qu’ils sont bel et bien des réfugiés. Voire…
Ces derniers sont des séquestrés contre leur propre volonté, maintenus depuis plus de 25 ans dans des conditions atroces dans des endroits quadrillés par l’armée algérienne. C’est cela la vérité. La vérité aussi c’est que les camps de Lahmada doivent légalement être supervisés par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), lequel a pour obligation de veiller normalement sur les déplacements des populations. Si cela arrive, les camps algériens se videront du jour au lendemain. Plus personne. 
L’affaire du Sahara marocain devient de plus en claire. Plus de doute sur ses vrais tenants et aboutissants. L’Algérie de Bouteflika continue à livrer la guerre psychologique au Maroc par mercenaires interposés et s’accroche à ce pseudo-conflit pour détourner l’attention des Algériens sur leurs vrais problèmes qui sont de nature socio-économique.
Les gouvernants d’Alger, qui ont construit leur politique d’État contre le Royaume, ont tombé les masques. Désormais, ils agissent à visage découvert, montrant par la même leur implication directe dans le dossier du Sahara marocain.

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