Éditorial : Le cinéma d’avenir

Éditorial : Le cinéma d’avenir

La 8ème édition du festival du film de Tanger a clôturé ses travaux en apothéose samedi 10 décembre dans une ambiance décontractée et bon enfant. Le jury a notamment distingué des œuvres réalisées par des jeunes cinéastes évoluant à l’étranger. C’est le cas du long-métrage "L’enfant endormi" de la cinéaste belgo-marocaine Yasmine Kassari qui a décroché le grand prix. Ces distinctions ont salué d’abord l’avènement d’une nouvelle vague du cinéma marocain dont les hérauts ont donné à voir à un public conquis des films audacieux sur le plan du contenu avec un regard frais porté sur les problèmes de société abordés. Ce cinéma-là, également réussi sur le plan technique, est naturellement différent de celui du cru. Les auteurs de ce dernier, confrontés à leurs compatriotes d’ailleurs, en ont conçu une certaine frustration allant pour certains jusqu’à tirer à boulets rouges sur des films en compétition comme «Marock» de Leïla Marrakchi. Il a suffi que ce film ose des scènes peu conformistes pour qu’il déchaîne les passions et mette particulièrement hors de lui le réalisateur Mohamed Asli. Croyant peut-être tenir la science infuse cinématographique pour avoir réalisé un film bien encensé par la critique "A Casablanca les anges ne volent pas", M. Asli a fait son cinéma dans la salle Roxy, il n’a pas critiqué une œuvre même si ce travail appartient aux critiques, mais il s’est arrogé le droit d’insulter en public le travail de sa consoeur. L’intéressé, mû certainement par la jalousie, a récidivé en s’en prenant lors de la soirée de clôture au directeur général du CCM dont il n’a pas visiblement apprécié le fait qu’il ait pris la défense du film incriminé. C’est dommage que des gens comme Asli aient outrepassé leur rôle en faisant parler négativement d’eux dans un festival censé être celui des retrouvailles, du respect de l’autre et de l’enrichissement mutuel.
Mais cette agitation malheureuse n’a rien changé au déroulement du festival et à la qualité de sa programmation. Une manifestation globalement réussie destinée, dans un esprit de diversité et de pluralisme, à encourager justement la création cinématographique marocaine d’où qu’elle vienne. Cette dernière, pour évoluer vers plus de qualité, sortir des sentiers battus et parfois d’un certain misérabilisme, a besoin de se nourrir d’autres expériences aussi bien sur le plan de la forme que du fond. C’est le but recherché à travers l’organisation de ce genre d’événement.
Le public marocain est de plus en plus exigeant. Le seul moyen de rencontrer ses attentes est de tirer le niveau vers le haut et d’arrêter de se lamenter sur le sempiternel manque de moyens. En fait, il est possible de produire un cinéma de qualité à condition d’être professionnel jusqu’au bout. Les cinéastes marocains de l’étranger en ont donné la preuve éclatante.

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