Éditorial : le Corcas dans le jeu

Éditorial : le Corcas dans le jeu

Quel bilan faire des 100 jours du Conseil royal consultatif  pour les affaires sahariennes ? Même si cette instance n’a pas encore réalisé des résultats tangibles sur le terrain du règlement du pseudo-conflit du Sahara, l’action de son  président Khalli Hanna Ould Errachid, à y regarder de plus près, ne manque pas d’intérêt. Par ses déclarations aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, il a révélé au grand jour une réalité souvent occultée par l’intox algéro-polisarienne : le "peuple sahraoui" comme l’appelle la propagande algérienne n’est pas monolithique, avec comme seul représentant le Polisario. Bien au contraire. Plus nombreux que les membres de ce dernier, aujourd’hui représentés dans le Corcas, les habitants du Sahara ne se sont jamais reconnus dans les revendications du Polisario qui réclame une indépendance de la région. Ici, ils sont chez eux, vivant normalement comme leurs concitoyens des autres villes du Royaume. Alors, Corcas contre Polisario ? En fait, l’objectif est moins d’opposer les uns aux autres que de permettre à Khalli Hanna et ses amis de faire revenir leurs frères égarés sur le droit chemin. Le chemin de l’autonomie des provinces du Sud sous souveraineté marocaine. Une solution proposée par Rabat et qui trouve un écho favorable auprès des puissances notamment les Etats-Unis, la France et l’Espagne. Cependant, il serait illusoire de croire comme le laisse parfois entendre M. Khalli Hanna  que le conflit cesserait avec une éventuelle acceptation de cette option par le chef du Polisario. L’Algérie, que le président du Corcas prend au mot en assurant qu’elle n’est pas partie au conflit, s’empresserait de placer un autre mercenaire à la tête du mouvement. Tout cela pour dire que le pays de Bouteflika, contrairement à ses dires, a toujours montré par ses actes et ses discours hostiles à l’intégrité territoriale du Maroc, qu’il est le vrai, sinon l’unique,  protagoniste et qu’il fait la guerre à son voisin par Polisario interposé.
Khalli Hanna Ould Errachid est tout sauf un enfant de chœur. Tant mieux si le fait de ménager l’Algérie dans un souci évident de ne pas compromettre ses chances de négociation  peut l’aider à régler le problème entre les Sahraouis des deux bords, du Polisario et du Corcas.
En un mot comme en mille, la solution du différend se trouve à Alger qui fait tout pour maintenir la tension dans la région. Le Corcas est appelé à dénouer la crise. Il est vrai qu’il est impossible de résoudre en l’espace de quelques mois un conflit comme celui du Sahara, qui dure depuis plus de 30 ans. Une question de temps certainement.  Mais, le temps presse, sauf à considérer que l’on peut encore attendre trente autres années avant de trouver une solution juste et durable à cette histoire qui ne rime plus à rien.

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