Éditorial : Le danger de la borqa

Un an après. Les Marocains n’ont pas encore arrêté d’en parler, obligés qu’ils sont non seulement par l’onde de choc des attentats de Casablanca, mais aussi et surtout parce qu’ils sont quotidiennement secoués par les ramifications d’un terrorisme qui a tissé ses tentacules dans tous les coins et recoins du Maroc. A preuve : à quelques jours de ce triste anniversaire, la police continue de traquer les terroristes dans toutes les villes du Maroc. Ce qui est encore plus alarmant, c’est qu’aussi bien à Fès, à Meknès, à Berrechid, à Sidi Khader qu’à Casablanca, les suspects ont résisté farouchement à l’assaut des policiers .
Dans toutes ces interventions, ils ont utilisé leurs sabres et n’ont abdiqué qu’après avoir été blessés par balles. Autant dire que les arrestations et les procès qui ont suivi le 16 mai 2003 n’ont pas éradiqué totalement l’esprit de la violence, ni de la prolifération des terroristes. A travers les multiples imbrications divulguées par les suspects arrêtés il est évident que la caste des intégristes dispose de réseaux spécialisés dans la cache pour abriter les fuyards et les recherchés. Ce n’est un secret pour personne que tout le monde, y compris la police et les services secrets, ont été surpris par la parfaite organisation des obscurantistes. En tous les cas, un an après les attentats de Casablanca beaucoup de suspects continuent à courir et à profiter de ce circuit organisé qui défie toutes les traques et surveillances. Pis encore, ceux qui ont échappé aux rafles ont pu reconstituer leur groupe et leur arsenal.
Il est plus qu’alarmant que dans l’état d’alerte et de vigilance instauré dans notre pays, depuis ce vendredi noir, les terroristes trouvent la latitude de fabriquer des bombes comme on l’a découvert à Berrechid et à Sid El Khadir. C’est dire que le Groupe islamiste des combattants marocains (GICM) est bien soutenu de l’extérieur pour semer la terreur à l’intérieur. On découvre aussi un an après, que le GICM qui a reçu la bénédiction de Ben Laden est le véritable commanditaire des attentats de Casablanca. Il est vrai que la police marocaine effectue un travail colossal avec de petits moyens, mais les autres composantes de la nation semblent dormir sur leurs lauriers. Car à part la rhétorique, le gouvernement, les partis politiques, voire la plupart des ONG de la société civile , n’ont rien fait de concret. A Sidi Moumen la misère n’a pas changé de place. Dans la rue, les barbus deviennent de plus en plus arrogants avec leur habit afghan et les borqas ne cessent d’envahir notre environnement.
Dans les taxis, on tombe souvent sur un chauffeur qui vous regarde comme si vous étiez un martien et vous agresse avec sa cassette audio qui prêche un islam radical à vous crever les tympans. Les barbus de la rue sont devenus plus dangereux que les suspects qui se terrent dans les maisons. Car chaque borqa peut cacher un terroriste potentiel.

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