Éditorial : le dialogue continu

L’horaire continu fait grincer des dents de certains syndicats qui menacent de faire grève dans la fonction publique. Belle manière de vouloir tuer dans l’œuf une opération pourtant plus que nécessaire en ces temps d’envolée spectaculaire des cours du pétrole.
Il est vrai que l’horaire continu n’est pas juste une décision que l’on décrète pour travailler de manière non -stop. C’est d’abord une affaire de logistique notamment en matière de restauration. Il faut assurer à des bataillons entiers la possibilité de déjeuner sur place sans que cela grève surtout la fiche de paie déjà dérisoire des sans-grade, ceux qui sont rivés au bas de l’échelle. Le problème ici se pose avec acuité pour les agents des services extérieurs des différentes administrations. Il va falloir donc le résoudre en trouvant des solutions adaptées à chaque cas comme la création d’une prime «panier» à intégrer dans le salaire ou la mise en place des tickets restaurants subventionnés en partie par l’employeur. Les réserves des centrales syndicales, qui sont dans leur rôle de défense des intérêts de leurs adhérents, concernent ce volet-là. Reste aussi la situation exceptionnelle de l’Éducation nationale qui n’a pas adopté la journée continue. Ce qui risque de rejaillir sur les enfants que les parents, retenus au travail entre midi et 14 heures, ne peuvent pas aller chercher comme d’habitude pour les faire manger à la maison. En attendant de remédier à ce problème par la généralisation  des cantines scolaires, c’est la débrouillardise qui va fonctionner. Le plus important dans ce nouveau système de travail est d’amorcer la pompe. Commencer d’abord et affiner le système en réglant les problèmes qui se posent en cours de route ensuite. Mais attendre que tous les problèmes soient résolus dès le premier jour et d’un seul coup  pour passer à l’horaire continu est le meilleur moyen de l’enterrer…  
Il ne faut pas donc jeter le bébé avec l’eau du bain en versant dans une surenchère syndicalo-populiste de mauvais aloie. Les syndicats, associés à sa mise en place depuis le début, doivent s’inscrire dans une logique de dialogue avec le gouvernement jusqu’au perfectionnement de tous les mécanismes.  L’horaire continu est une mesure salutaire aux bienfaits multiples, surtout en matière d’économie d’énergie, qu’il aurait fallu instaurer au moins au début des années 90. Mais par manque de courage et d’imprévoyance politiques qui ont caractérisé les gouvernements précédents, on a perdu beaucoup de temps à commander des études bidon et à discutailler là où il s’agissait simplement de passer à l’action. L’exécutif actuel a le mérite d’avoir pris le taureau par les cornes. Reste à faire en sorte que les fonctionnaires aux quatre coins du pays soient à la hauteur de cette réforme en s’acquittant pleinement de leur tâche sans tricher. Pour cela, un système de pointage sévère, déjà adopté avec succès par nombre d’offices, s’impose.

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