Éditorial : Le Maroc et les autres

El Mostapha Sahel n’a pas ratifié, mardi 17 novembre, l’accord sur le rapatriement des immigrés clandestins d’origine subsaharienne. Frustration de la partie espagnole qui s’attendait à ce que le Maroc appose finalement sa signature en bas d’un document au stade de projet depuis 1992. Madrid devra encore attendre car la solution d’un problème aussi complexe que l’immigration ne dépend pas d’une simple signature. Décision a été donc prise de mettre en place une commission bilatérale permanente qui se réunira une fois par mois à partir du 3 décembre prochain. Le ministre marocain de l’Intérieur avait donné la veille le ton de ce que sera la position du Maroc sur cette affaire lors de ses entretiens à Bruxelles avec les responsables européens. Pour M. Sahel, la lutte contre l’immigration clandestine ne saurait relever seulement de la responsabilité du Royaume mais de celle de l’ensemble des pays de la rive nord et sud de la Méditerranée. En effet, pourquoi Madrid cherchait-elle à faire de son voisin du sud l’unique réceptacle de la “misère subsaharienne“ qu’elle intercepte sur ses côtes sachant que le Maroc n’est pas le seul pays concerné par ces flux migratoires irréguliers ? Avant d’arriver au Maroc où ils attendent l’occasion de passer de l’autre côté (Espagne), ces candidats au départ traversent le désert et transitent par nombre de pays dont la Libye et l’Algérie. Si accord de rapatriement il devrait y avoir, il doit logiquement concerner et engager pas seulement le Maroc mais tous les pays traversés par ces flots impétueux d’immigrants. Cette situation pose, il est vrai, un problème complexe. Celui du contrôle des frontières. Mais est-il aisé, surtout lorsque les moyens de surveillance font défaut, de maîtriser à 100% des frontières qui s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres ? Pour montrer sa bonne foi et sa disponibilité à participer à la lutte contre l’émigration clandestine, le Royaume vient de créer deux instances importantes : la direction de la migration et de la surveillance des frontières et l’observatoire de la migration. Deux initiatives saluées aussi bien par Bruxelles que par Madrid qui permettront de réduire et de réguler les déplacements des populations. En outre, les autorités marocaines se sont investies depuis quelque temps dans le combat du trafic des êtres humains. Un combat où elles ont engagé des moyens techniques et humains considérables. Il ne se passe pas un jour sans que soient interceptés des candidats aussi bien marocains que subsahariens qui tentent de gagner clandestinement l’Espagne. Mais les proportions prises par le phénomène migratoire sont telles que le Maroc a besoin de l’assistance technique et financière de ses partenaires européens. Force est de constater que les pays de la Méditerranée donnent tous l’impression d’être dépassés par ce fléau qui prend de plus en plus d’ampleur et impuissants face aux réseaux qui exploitent le désespoir et la misère humaine. Sans une politique commune qui privilégie d’abord un traitement économique de la question de l’immigration en général, il sera difficile pour tout le monde de venir à bout d’un phénomène qui puise sa vitalité dans le dénuement et la détresse.

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