Éditorial : Le Maroc et l’OTAN

Le contingent marocain est très apprécié pour le travail humanitaire qu’il accomplit au Kosovo sous les auspices de l’Otan. Son sens de la discipline et du dévouement aussi. Le chef de la Kfor, le général français Yves de Kermabon, lauréat de l’école militaire de Saint-Cyr en 1970,  exalte les efforts de ce corps qu’il a très bien connu pour avoir été le chef de la BM-NE d’août 2000 à octobre 2002 dans le nord de Mirovica. “ Ce sont des hommes d’une grande valeur“, dit d’eux ce général quatre étoiles qui promène un regard lucide sur les problèmes complexes du Kosovo.
Outre le Kosovo, le Maroc est également engagé depuis plusieurs années en Bosnie où un contingent important assure une mission également humanitaire.
Alors que gagne le Royaume à envoyer ses soldats à l’extérieur sachant qu’une grande partie des frais occasionnés est supportée par le budget des FAR? En fait, le Maroc est bien vu par l’OTAN qui le considère comme un partenaire crédible sur lequel il faut compter pour le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard si le Maroc, qui joue pleinement son rôle comme n’importe quel pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord même s’il n’est pas un membre à part entière, fait partie des 7 pays du dialogue méditerranéen de l’OTAN depuis son lancement en 1994, aux côtés d’autres pays comme l’Algérie, la Tunisie, la Mauritanie, l’Égypte, la Jordanie et Israël.
Acteur-clé de la Méditerranée, le Royaume, de par sa position géographique, s’est inscrit en fait dans cet engagement stratégique bien avant 1994.  
Aujourd’hui, il peut activement participer à ce dialogue et l’enrichir en étant  un prolongement de l’OTAN dans l’Afrique de l’Ouest, cette région sahélo-saharienne en proie à certains conflits et trafics en tout genre ainsi qu’à une grande précarité socio-économique. Le dialogue méditerranéen a besoin de ce fait de s’adosser à une vision politique perspicace et de se doter d’une “perspective stratégique nouvelle“ pour pouvoir  affronter dans un esprit d’anticipation les menaces qui pourraient peser sur la sécurité régionale et sur l’ensemble de la zone. Certes, la préoccupation actuelle de l’OTAN  réside dans la lutte contre le terrorisme et la propagation des armes de destruction massive, mais d’autres dangers menacent cette aire géographique, notamment le phénomène de l’immigration clandestine et les trafics illicites. Le Maroc souffre d’ailleurs de la pression migratoire subsaharienne dans des proportions inquiétantes. L’Otan a les moyens d’agir ne serait-ce que sur le plan de contrôle et de sécurisation des frontières. Le Maroc est conséquent avec lui-même. Il tient depuis toujours un discours clair, qui n’a jamais changé, envers ses différents partenaires. À cet effet, il convient aussi de renforcer le processus de Barcelone de telle sorte que le Maroc bénéficie de la place qu’il mérite surtout que de nouveaux instruments de coopération sont appelés à remplacer en 2007 le programme Meda.  Il ne faut pas que le Maroc en particulier, cité régulièrement en exemple pour les différentes réformes accomplies, et ses voisins de la Méditerranée en général, soient désavantagés au profit des pays de l’Est.

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