Éditorial : le Maroc intraitable

La libération récente, intervenue en août dernier, des derniers prisonniers marocains à Tindouf est sans conteste une victoire politico-diplomatique pour le Maroc. Mais elle  ne ferme pas pour autant ce dossier à la fois épineux et douloureux. Loin s’en faut.  Reste en effet le sort encore inconnu des disparus et des morts sous la torture. C’est ce que S.M le Roi Mohammed VI a expliqué dans une lettre adressée au président du comité international de la Croix-Rouge Jakob Kellenberger. Sur ce point, Rabat entend être intraitable. On n’emprisonne pas des hommes dans des conditions atroces  et on ne les torture pas impunément. C’est le message délivré par les autorités marocaines à la communauté internationale et aux responsables de la tragédie des camps de Lahmada. Ces derniers doivent rendre des comptes.
Si le Polisario et ses protecteurs se croient quittes envers le Maroc, ils se trompent lourdement. Bien au contraire. L’affaire ne fait que commencer. Déterminé à aller jusqu’au bout pour demander conformément au droit international les mesures qui s’imposent dans ce genre de situation, le Royaume n’oubliera aucun de ses enfants broyés par la machine inhumaine des séparatistes avec la complicité active de l’Algérie. Si les survivants de ces bagnes de la mort méritent réparation pour tout ce qu’ils ont subi de dégradant pendant plus de 20 ans pour la plupart, le dossier des disparus doit impérativement être élucidé dans un cadre légal et transparent. Il faut que justice soit faite.
En attendant, le chef des mercenaires poursuit son agitation. Depuis le retour des détenus grâce à une médiation américaine qui a ignoré jusqu’à son existence et celle de son entreprise d’escroquerie nommée Polisario , Mohamed Abdelaziz a adressé des lettres tour à tour au président George Bush, à Kofi Annan, au président du gouvernement espagnol, au chef de l’État sud-africain, à l’OUA, à l’Union européenne… Pour toute réponse, il ne reçoit à chaque fois que l’écho de ses vaines gesticulations. Pitoyable. Quand on a rien à défendre ou à vendre, il vaut mieux se taire. 
Par ses relations épistolaires désespérées, le seul moyen qui lui reste, l’intéressé espère sans doute continuer à exister dans un monde qui a découvert la supercherie du Polisario et la vacuité de ses revendications. Mais la messe est dite. La fumisterie a assez duré.  Le conflit factice créé autour du Sahara marocain est une affaire maroco-algérienne qui a besoin d’un dialogue direct entre les deux voisins pour trouver une solution juste et équitable. Ainsi en a décidé Washington. En proposant un compromis politique sous sa souveraineté, le Royaume a été vraiment généreux. Le Polisario, qui s’est entêté à refuser cette option, risque de le regretter dès lors qu’il a été mis hors circuit par les Américains. Il ne reste plus à ce mirage de sables que de trouver le meilleur moyen de disparaître…

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