Éditorial : Le Maroc qui bouge

L’année qui s’achève aura été riche en évènements pour le Maroc. Un Maroc qui bouge, change à son rythme, doutant parfois sur fond de cafouillage et de contradictions, mais finalement déterminé à aller de l’avant malgré les obstacles et les difficultés. En effet, jamais la volonté de réforme n’a été exprimée au plus haut sommet de l’État de manière aussi forte et sincère. Ici et là, des changements s’amorcent qui laissent penser que le Maroc est sur la bonne voie : nouveau statut de la femme, avènement du code du travail , transparence des élections… C’est le début d’un processus de modernisation de longue haleine dont chaque étape et chaque acte doivent concourir à rendre sa crédibilité aux institutions et à restaurer la confiance entre les divers partenaires de la société qu’ils soient entrepreneurs, pouvoirs publics, acteurs sociaux ou simples citoyens… Il ne suffit pas de critiquer en disant que tout va mal pour changer la réalité. Chacun à son niveau est appelé à oeuvrer pour consolider les acquis dans les différents domaines. C’est cela le civisme agissant. En fait, le Maroc connaît les convulsions et les soubresauts inhérents à toute transition politique. Dans cette période transitoire se mêlent naturellement les espoirs et les craintes, se télescopent les problèmes et les frustrations. La ligne réformatrice est parfois chahutée par le retour de temps en temps des vieux réflexes et des improvisations. Mais une chose est sûre : le Maroc sort petit à petit d’un système qui a longtemps empilé les privilèges et les passe-droits. Si chacun a sa propre grille de lecture du bilan national dans tel ou tel domaine, force est de reconnaître que l’ennemi principal d’une nation a pour nom le défaitisme dont les champions prennent l’on ne sait quel plaisir à dénigrer leur pays. Les forces de l’inertie ne se contentent pas seulement d’exister. Elles sont en pleine action, travaillant contre toutes les actions susceptibles de contrarier leurs propres intérêts. Aux forces du progrès de les neutraliser par le travail et le sérieux en projetant la société entière de manière irréversible dans l’espace de la modernité. Malgré les multiples critiques qu’on peut objectivement lui opposer, le gouvernement Jettou a tenté tant bien que mal de coller à cette volonté de réforme en s’attaquant de front notamment au problème de l’habitat social et au secteur de la justice. En dehors de ces deux grands dossiers, l’action gouvernementale a péché par son manque de visibilité pour ce qui concerne les autres départements ministériels. Comme quoi, une opération de recadrage devient nécessaire. Le Maroc a connu un choc terrible. Les événements du 16 mai ont réveillé brutalement les consciences endormies et rappelé à tout le mode que le terrorisme n’arrive pas qu’aux autres. Les attentats de Casablanca, qui représentent un marqueur majeur de l’évolution future du pays, montrent que la stabilité qui faisait la réputation du Maroc n’est pas une donnée immanente et qu’elle est au contraire quelque chose de fragile dont la préservation est liée à l’idée que les gouvernants se font de la justice et de la cohésion sociales. On ne naît pas extrémiste. On le devient. Le Maroc entretient toujours des relations difficiles avec son environnement régional. L’Algérie continue à agir contre l’intégrité territoriale du Royaume avec la complicité désormais assumée de l’Espagne. Les responsables marocains sont appelés à oeuvrer pour que l’axe Alger-Madrid ne se fasse pas au détriment des intérêts du Royaume.

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